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SIDA : accélérons la riposte !

Il y a bientôt quinze ans, grâce au Président Jacques Chirac, la création du Fonds mondial, dont la cinquième conférence de reconstitution des ressources s’ouvre dans quelques jours au Canada, a marqué un tournant sans précédent dans la lutte contre le sida. 

La France doit se féliciter d’avoir été à son initiative et d’en être le principal donateur après les Etats-Unis. Notre pays doit aussi être fier de son expertise sans équivalent, grâce à ses chercheurs et médecins mondialement reconnus, comme de son engagement politique et diplomatique dans la lutte mondiale contre le sida et les grandes pandémies.

Grâce à la mobilisation de la France et de la communauté internationale, 15 millions de malades du sida ont été mis sous traitement entre 2000 et 2015, dont 9,2 millions grâce aux seuls programmes financés par le Fonds mondial. Cela a permis d’éviter 30 millions de nouvelles infections et de sauver d’une mort certaine près de 8 millions de femmes, d’hommes et d’enfants. Plus de 80 pays dans le monde sont parvenus à enrayer l’épidémie de sida, y compris des pays très durement touchés comme l'Inde, le Kenya, le Mozambique, l'Afrique du Sud ou le Zimbabwe.

Ces progrès spectaculaires le démontrent : quand la France montre le chemin, que la communauté internationale agit de façon volontariste et unie, il est possible faire reculer rapidement et efficacement les pires fléaux.

Toutefois, le sida demeure une terrible menace  pour des millions de femmes, d’hommes et d’enfants et pour la santé globale. Jugeons-en : 54 % des personnes vivant avec le VIH dans le monde n’ont toujours pas accès à un traitement ; chaque mois, le virus tue encore 100 000 personnes et il en infecte 160 000 autres. Le sida est la première cause de mortalité des femmes de 15 à 44 ans dans le monde. 

La Conférence internationale de lutte contre le sida et les hépatites qui s’est tenue à Durban, en Afrique du Sud, en juillet dernier, et la cinquième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial, qui se déroule les 16 et 17 septembre au Canada, et dont l’objectif est de mobiliser 13 milliards de dollars sur la période 2017-2019, viennent à juste titre nous rappeler que la fin du sida est envisageable en 2030 au prix d’un effort accru de la communauté internationale, dans les cinq années qui viennent, afin de diagnostiquer 90 % des personnes vivant avec le VIH, de mettre 90 % de ces personnes sous traitement, et que 90 % des malades atteignent une charge virale indétectable.

Alors que le sida peut maintenant être vaincu, la France, dont l’engagement s’est relâché au cours des dernières années, et dont l’annonce récente de stabilisation du financement du Fonds mondial est une occasion manquée, doit donner une nouvelle impulsion à sa politique de santé globale et de lutte contre le sida. Elle doit accroître son effort en direction des plus pauvres, des plus vulnérables et des plus défavorisés. C’est dès maintenant, sans tarder, qu’il faut accélérer la riposte à l’épidémie de sida si nous voulons y mettre enfin un terme.

Ma conviction, c’est que cette accélération est non seulement nécessaire mais qu'elle est possible. Mon ambition, c’est que la France retrouve et conforte son rôle aux avant-postes de la lutte contre le sida et pour construire un monde libéré de la menace des grandes pandémies et des souffrances qu’elles suscitent. Ma volonté, c’est que notre pays réponde avec détermination à cet impératif sanitaire, humanitaire, moral et diplomatique et soit à nouveau à la hauteur de l'espoir immense que son engagement a suscité il y a quinze ans. C’est ainsi que notre pays contribuera concrètement à construire une mondialisation plus juste et plus humaine dont nous avons besoin au XXIème siècle.

Alain Juppé