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Merci à vous tous qui m'avez soutenu

Mon engagement s’explique par des valeurs : celles du gaullisme. Et par une rencontre : celle de Jacques Chirac.

Je suis totalement passé à côté de deux évènements qui ont pourtant profondément marqué une génération politique.

J’étais trop jeune pour que l’Algérie soit autre chose pour moi qu’un endroit lointain et inquiétant où des proches, dont mon frère aîné, étaient mobilisés. Et je n’ai pas vu dans Mai 68 le désir de changement et le besoin de libérer une société bloquée mais le désordre et la révolte incompréhensible de jeunes privilégiés fascinés par des idéologies totalitaires.

La gauche dominait les milieux intellectuels, affirmait sa certitude d’être dans le sens de l’Histoire et s’enthousiasmait pour les expériences marxistes les plus meurtrières du moment. Cette pensée dominante me hérissait ; je préférais, et je préfère toujours, la liberté à l’enrôlement, la responsabilité à la prise en charge et le réel à l’idéologie. De la foi gaulliste simple de mon père, j’avais gardé des convictions : l’ordre garantit la liberté et la sécurité, le travail de chacun contribue au progrès de tous et c’est l’appartenance à la Nation qui permet d’accéder à l’universel.

Je restais pourtant un spectateur, même pas engagé.

Tout a basculé en 1976, Jacques Chirac, alors Premier ministre, cherchait un « normalien sachant écrire » et connaissant les finances publiques pour préparer ses discours.

Photo envoyée par Jean-François S.

Ce fut le début d’une longue collaboration et, sans doute, d’une amitié que notre pudeur commune nous a longtemps interdit d’exprimer. Rien, a priori, de plus différents que nos deux personnages. Je suis pétri de culture gréco-latine, il ne jure que par l’Orient ; on me suspecte de distance et de froideur, il a un don pour inspirer la sympathie ; je traîne une réputation de technocrate, il est l’incarnation de l’animal politique qui séduit, qui convainc et qui mobilise.

Photo envoyée par Mohamed M.

On dit souvent que le monde politique est fait de coups bas, de petitesses et de trahisons. On oublie les dévouements qui resteront à jamais inconnus, les fidélités absolues, y compris dans la tourmente. Et l’amitié.

« Le 7 mai, le soir de l’élection de Jacques Chirac, je me trouvais au deuxième étage du PC de campagne de notre candidat avenue d’Iéna…et 15 secondes avant 20H devant une télévision …à tube cathodique, Alain Juppé a dit d’une voix tonitruante “VOS GUEULES” ; il voulait voir sur l’écran l’image de Jacques Chirac se dévoiler… sans doute pour effacer de sa mémoire celle de François Mitterrand qui était apparu sur un autre écran un certain 10 mai 1981.

J’ai senti ce soir-là chez cet homme le bonheur simple du combattant : il n’y avait dans son regard porté sur cet écran de télévision aucune ambition personnelle sur le poste qu’il pourrait occuper dans quelques jours mais la satisfaction du combattant loyal d’avoir porté à la tête de notre pays l’homme qu’il servait affectueusement pour le meilleur de la France.

Dans un second temps seulement, il dit à voix plus basse, et prenant conscience des conséquences de cette victoire, “c’est le début des emmerdements”. Je souhaite du fond du cœur pour notre pays de voir apparaître en mai 2017 l’image d’Alain Juppé pour remettre calmement avec courage et compétence notre beau pays en marche. Et là, aucun de ses supporters ne pourra dire : c’est le début des emmerdements mais nous dirons que c’est la France éternelle incarnée à nouveau par un homme juste et courageux qui se redresse pour une nouvelle et belle page de son histoire. » - Pierre T.

De Paris à Bordeaux, du RPR à la fondation de l’UMP, des campagnes électorales jusqu’à l’action au cœur de l’État, c’est ce compagnonnage et cette amitié qui m’auront guidé et soutenu.

Photo envoyée par Marianne V.