Menu
Merci à vous tous qui m'avez soutenu

Il faut continuer à donner le goût de la lecture

J’ai passé une belle après-midi hier au Salon du livre de Paris, accompagné de Christine Albanel, Hervé Gaymard, Roch-Olivier Maistre et quelques-autres amis.

C’était réconfortant de voir autant de monde … malgré Vigipirate. La lecture a tendance à baisser en France, il est vrai, mais le livre garde pourtant une bonne image : 53% des Français ont acheté au moins un livre en 2013 et 69% ont lu au moins un livre dans les 12 derniers mois. Contrairement aux idées reçues, ce sont les moins de 35 ans qui lisent le plus pour le loisir. Et surtout les lecteurs, selon une enquête récente, font plus confiance au contenu des livres … qu’à Internet (40% contre 7%).

Il faut continuer à donner le goût de la lecture, en développant en premier lieu les bibliothèques qui constituent le premier réseau d’équipements culturels. J’en ai fait une priorité de ma politique culturelle à Bordeaux.

Il faut aussi soutenir les 2 500 libraires indépendants qui sont fragilisés par les nouveaux modes de consommation et « assurent pourtant sur nos territoires une animation culturelle indispensable , notamment en zone rurale ». Une loi récente a voulu encadrer la concurrence de la vente à distance en interdisant la gratuité des frais de port. Moyennant quoi, Amazon a riposté en fixant ses frais de livraison … à 0,01 euro !

Le livre numérique, lui, n’a pas encore bouleversé le paysage culturel français. Ses ventes ne représentent qu’à peine plus de 3% du chiffre d’affaires global de l’édition. Aux Etats-Unis, on en est à 23%. Nos éditeurs et nos libraires doivent anticiper une inévitable montée en puissance. Une loi de mai 2011 a instauré un « prix unique du livre numérique ». Mais le marché est en perpétuelle évolution , ce qui rend nécessaire un suivi régulier. Bien des questions se posent, comme celle du taux de TVA applicable au livre numérique (la cour de justice de l’Union Européenne vient d’imposer le taux normal de 20%), ou la pratique des abonnements illimités.

L’édition française doit rester un pôle économique bien vivant.

Elle pèse 16 000 salariés (et 14 500 dans le commerce de détail). Son chiffre d’affaires atteint 2,8 mds euros (et celui des détaillants près de 5 mds). Elle verse plus de 400M de droits d’auteur, ce qui est vital pour la création et la vie littéraire. Mais elle souffre. Il faut la soutenir.

Je suis rentré à la maison avec une moisson de livres. Angoisse : trouver le temps de tout lire ?

En attendant, ce soir je replonge dans les « départementales ».