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Merci à vous tous qui m'avez soutenu

Rassemblés, unis, soudés.

L’Etat islamique DAECH nous a déclaré la guerre. Avec l’attaque inouïe qu’il a perpétrée à Paris avant-hier soir, il a franchi un nouveau seuil dans l’horreur. Il avait planifié et coordonné ces attentats quasi simultanés pour créer le maximum de désordre et de panique. C’était bien un acte de guerre.

Face à une telle agression, une seule riposte : faire bloc. Seule une France rassemblée, unie, soudée peut gagner ; des Français rassemblés, unis, soudés autour des autorités qui sont aujourd’hui en charge des destinées de notre pays, le Président de la République et le gouvernement. Je leur ai apporté mon soutien, sans hésitation et sans nuance.

Nous sommes dans le deuil. Tant de morts ! Nous partageons un peu de la douleur infinie de leurs familles, de leurs amis. Tant de blessés graves ! Nous faisons confiance à nos merveilleuses équipes médicales pour les sauver. Tant de personnes traumatisées par le cauchemar qu’elles ont vécu ! Notre devoir est de les comprendre, de les accompagner, de les aider. C’est le rôle de leurs proches, mais aussi des services spécialisés de l’Etat, de la Ville sous l’impulsion du maire et des élus de Paris.

Nous sommes dans le temps de l’hommage aux forces de sécurité, policiers, gendarmes, militaires, et aussi pompiers, responsables de la sécurité civile, médecins, infirmiers… qui ont été exemplaires.

Mais c’est déjà le temps du combat. L’Etat islamique veut créer la peur parmi nous pour nous faire reculer. Nous allons lui opposer une esprit de résistance farouche, une détermination sans faille.

Il faut nous en donner les moyens. Le Président de la République et le gouvernement ont décrété l’état d’urgence et renforcé les contrôles à nos frontières. C’était nécessaire. Il faut aussi intensifier les efforts engagés pour améliorer nos dispositifs de renseignement, arme essentielle dans ce type de confrontation.

Je propose de mieux articuler les services centraux de renseignement et ce que j’appellerai le renseignement territorial, plus proche du terrain pour capter les signaux faibles qu’émettent les individus en phase de radicalisation.

Je propose d’utiliser toutes les technologies disponibles , la biométrie, la détection comportementale… Il faut surtout augmenter les moyens humains, ceux de la police, de la justice, de l’armée et bien sûr ceux de la justice. Nous sommes en période de disette budgétaire, je le sais. Mais la sécurité nationale est une priorité absolue.

Le combat se livre sur notre sol d’abord mais aussi au delà de nos frontières. Au Proche-Orient, au Sahel notamment.

Au Proche-Orient nous sommes engagés dans une coalition dont les frappes contre DAECH ont été jusqu’à l’heure d’une efficacité limitée. Et pour cause ! Les objectifs de cette coalition sont ambigus. Aujourd’hui, l’hésitation n’est plus de mise. La priorité est à l’évidence d’écraser DAECH. Si les Américains, nous-mêmes, les pays arabes, la Turquie, avec les Russes le voulons vraiment, nous en avons les moyens. Rien n’interdit de travailler en même temps à la réconciliation des Syriens, qui passera par un changement d’équipe à Damas.

Je n’ai pas écrit le mot d’Europe. Il est vrai qu’elle est, dans ce combat, aux abonnés absents. Certes le Premier Ministre britannique, la Chancelière allemande, d’autres responsables européens nous ont témoigné leur compassion. Nous leur en sommes reconnaissants. Mais sur les théâtres d’opération, nous sommes un peu seuls. Et pourtant c’est notre sécurité et notre stabilité collectives qui sont en jeu. On voit bien que le flux de réfugiés qui nous submerge est la conséquence de la guerre qui sévit en Syrie, en Irak… Europe, réveille-toi ! Personne n’assurera ta défense ni le contrôle de tes frontières à ta place !

J’ai employé des mots forts : résistance, combat , determination farouche. Ce sont les mots de mon intime conviction. Mais attention aux dérives et aux amalgames. Je lis sur les réseaux sociaux : guerre mondiale, guerre civile ! Sachons sang-froid et raison garder. Évitons surtout de dresser les Français les uns contre les autres. A chacun de prendre ses responsabilités.

Tout de suite après mon intervention au JT de France 2 hier soir, j’ai entendu s’exprimer Tarek Obrou, recteur de la mosquée de Bordeaux, partenaire fidèle de Bordeaux Partage, cette petite instance où je réunis le cardinal, le rabbin, la pasteure protestante, le recteur musulman, la représentante des bouddhistes, pour partager les valeurs républicaines qui nous sont communes. Il est essentiel qu’à l’image de T. Obrou, qui prend, je le sais, des risques personnels, les autorités morales et spirituelles des Français musulmans répètent haut et fort que, eux aussi, sont engagés dans le combat contre le terrorisme de DAECH, c’est bien le moins, mais aussi contre les dérives sectaires de leur religion, contre le fanatisme et la barbarie.

C’est notre MOI profond qui est en cause, nos valeurs fondamentales :

LIBERTÉ, contre DAECH qui est tyrannie et oppression.

ÉGALITÉ, contre DAECH qui est discrimination et avilissement de la femme.

FRATERNITÉ, contre DAECH qui est haine, mort et décapitation.

C’est notre civilisation, française, européenne, humaniste que nous défendons.