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Quatre convictions simples pour redonner à la France le goût du travail

Depuis le début des années 1980, notre taux chômage n’est quasiment plus repassé sous la barre des 8%, y compris en période de forte croissance. Il touche aujourd’hui plus de 5 millions de nos compatriotes, enfermant le pays dans un cercle vicieux qui conduit à l’appauvrissement des Français et au déclin de notre économie.

Trop de responsables politiques regardent ce fléau comme quelque chose d’inéluctable, à l’instar de François Mitterrand pour qui la France avait « tout essayé contre le chômage ».

Ma conviction est toute autre. La France a tout essayé contre le chômage … sauf ce qui marche partout ailleurs. En Allemagne, au Royaume-Uni, dans les pays scandinaves, des réformes courageuses ont permis le retour au plein emploi. C’est dans ce sens que je veux avancer, autour de quatre convictions simples.

1. La France doit travailler davantage

Ce n’est pas en travaillant moins qu’on vaincra le chômage. La France souffre déjà de la faiblesse de la quantité globale de travail réalisé : on y travaille dans l’année 10% de moins qu’en Allemagne, et 13% de moins qu’au Royaume-Uni. Les causes de cet écart sont connues : un taux d’emploi des jeunes et des seniors particulièrement faible, une durée annuelle du travail trop faible, et des jours de congés, fériés ou de RTT trop nombreux.

Parce qu’ils travaillent moins qu’ailleurs, les Français produisent moins de richesses qu’ailleurs, ce qui aboutit à un niveau de vie en moyenne plus faible, à une pression de plus en plus forte sur ceux qui travaillent pour financer les services publics et la protections sociale, et moins d’argent disponible pour créer des emplois et augmenter les salaires.

Il faut donc en finir avec les 35 heures, ce que personne n’a fait jusqu’à présent. Le principe doit être la liberté de définir la durée du travail au sein de l’entreprise, y compris pour ceux qui souhaitent conserver la durée actuelle. A défaut d’accord, je propose que la durée de référence qui s’appliquerait soit fixée à 39 heures. Cette durée de référence est indispensable, car elle est le levier de la discussion qui doit être conduite dans chaque entreprise, et parce qu’il faut bien entendu un seuil au-delà duquel se déclenchent les heures supplémentaires. Naturellement, les salariés qui travaillent déjà plus de 35 heures ne devront pas perdre de pouvoir d’achat, et un mécanisme d’exonération fiscale le permettra.

2. Les employeurs doivent pouvoir embaucher sans crainte

En matière de droit du travail, l’Etat est trop présent, trop actif. Depuis 2010, vingt lois ayant un impact direct sur la gestion des entreprises ont modifié le code du travail. Ces lois forment un carcan qui limite considérablement le dynamisme des entreprises et leur propension à embaucher. Il est temps que cela cesse.

A terme, le code du travail ne devrait plus contenir que les grands principes protecteurs du salarié, notamment en matière de sécurité et de santé au travail, et ceux qui organisent les relations de travail, le reste relevant de l’accord de branche, d’entreprise ou du contrat de travail. Quoi qu’on en dise, cette refonte prendra du temps – un temps que notre économie n’a plus.

C’est pourquoi je souhaite que soient modifiées, dès le début du prochain quinquennat, les règles encadrant la rupture du contrat de travail, les conditions d’expression des salariés dans l’entreprise, et les seuils sociaux.

Parce que les freins au licenciement sont autant de freins à l’embauche, je souhaite inscrire dans la loi la possibilité de fixer dès la conclusion du contrat les motifs de sa rupture, pour prendre notamment en compte la santé économique de l’entreprise. Si un artisan ou une PME sont sûrs de pouvoir adapter leurs effectifs en cas de perte d’un contrat important, alors ils n’hésiteront pas à embaucher !

En cas d’échec du dialogue social dans l’entreprise, et parce que les salariés sont en dernier ressort les meilleurs juges de ce qui est bon ou mauvais pour eux, ils devront avoir le dernier mot au travers d’un référendum d’entreprise. Enfin, les seuils sociaux font obstacle à l’embauche et au développement des PME : il faut les lever. Cela passe par la suppression de la représentation syndicale régionale imposée aux très petites entreprises par l’actuel gouvernement, et par l’allègement massif des contraintes imposées aux entreprises franchissant les seuils de 10 et 50 salariés.

3. Les moins qualifiés doivent pouvoir trouver du travail

Le chômage en France est une maladie qui touche surtout les moins qualifiés. Parce qu’ils « coûtent » à l’entreprise plus qu’ils ne « produisent », des millions de Français sont exclus structurellement de l’emploi, et condamnés au chômage. Il faut mettre un terme à ce scandale, en réduisant ce coût.

En la matière, le gouvernement actuel a compris le problème – les charges sociales qui pèsent sur le travail sont trop élevées – sans parvenir à la solution. Le CICE mis en place en 2012 a ainsi réussi la contreperformance d’être très couteux et relativement inefficace à force d’être complexe.

Je souhaite remplacer le CICE par une suppression totale des charges pesant sur le SMIC, et des allègements complémentaires jusqu’aux environs d’un SMIC et demi, et permettre ainsi à des centaines de milliers de nos compatriotes de pouvoir à nouveau travailler.

4. Il faut que le travail paye

Dès lors que les moins qualifiés seront en situation d’accéder au marché de l’emploi, il faut que le travail paye, ce qui impose de recréer une différence importante entre les revenus d’assistance et les revenus du travail. Trop de Français salariés au SMIC m’ont dit leur sentiment d’injustice, à devoir travailler 35 heures, tout en supportant des coûts élevés (essence, garde des enfants, etc.), pour ne gagner que 2 ou 300 euros de plus qu’au chômage.

Ce sera l’objectif du mécanisme de plafonnement du cumul des allocations sociales que je mettrai en place pour conserver un écart significatif entre revenus du travail et revenus d’assistance.