Menu
Merci à vous tous qui m'avez soutenu

« La primaire à droite, clé de la prochaine présidentielle »

Les élections primaires, nouveau procédé de choix du candidat de la droite et du centre, suscitent un fort intérêt chez les Français. En effet, seulement 5% d’entre eux se disent peu ou pas intéressés par les primaires, tandis que 75% revendiquent leur intérêt, voire, parmi ces derniers, leur grand intérêt (40%). 

Ainsi aujourd’hui, 6,6% des personnes indiquent qu’elles sont sûres d’aller voter aux élections primaires de la droite et du centre. A l’échelle de la France, ce sont donc 3 millions de personnes qui sont prêtes à aller voter, ce qui rend l’objectif de 2,5 millions d’électeurs souhaité par les organisateurs du scrutin absolument crédible. Ces chiffres sont semblables à ceux des primaires socialistes de 2011 qui avaient mobilisé 2,7 millions d’électeurs lors du premier tour, puis 2,9 millions lors du deuxième.

Parmi ces 3 millions de participants probables, deux tiers se disent proches des partis de la droite et du centre (LR : 55%, UDI : 7%, MoDem : 5%), tandis que le tiers restant se partage entre la gauche (10%), le Front national (10%), et ceux qui ne se sentent proches d’aucun parti (9%).

Cet électorat possède trois caractéristiques particulières, il est âgé (43% des électeurs ont plus de 65 ans, à l’échelle de l’ensemble des électeurs ce chiffre est de 23%), il est composé de personnes retirées de la vie active (50% de retraités contre 33% parmi l’ensemble des électeurs), et est constitué de personnes politisées (79% des personnes se disent intéressées par la politique, ce chiffre baisse à 50% pour l’ensemble des électeurs). Trois caractéristiques qui semblent à l’heure actuelle favoriser Alain Juppé selon l’analyse du Monde.

Effectivement, Alain Juppé possède, aujourd’hui, un avantage indiscutable sur l’ensemble de ses concurrents potentiels aux élections primaires. Il est donné largement gagnant au premier tour, recueillant 44% des voix des personnes certaines d’aller voter, contre 32% pour Nicolas Sarkozy, 11% pour Bruno Le Maire, et 9% pour François Fillon. Nathalie Kosciusko-Morizet, Nadine Morano, Frédéric Lefebvre et Hervé Mariton partageant les 4% d’électeurs restants.

Positionné légèrement derrière Nicolas Sarkozy parmi les sympathisants LR sûrs d’aller voter, Alain Juppé recueillerait 37% des suffrages, tandis que 42% opteraient pour l’ancien président. Mais c’est surtout parmi les électeurs centristes –sûrs d’aller voter aux primaires- que Alain Juppé creuse l’écart. Ainsi 66% des sympathisants UDI voteraient pour lui contre 10% pour Nicolas Sarkozy. L’opposition est encore plus forte parmi les sympathisants MoDem dont 87% pencheraient pour Alain Juppé contre 3% pour Nicolas Sarkozy.

« Alain Juppé est donné largement gagnant au premier tour »

Parmi les sympathisants du Front national –sûrs d’aller voter aux primaires- c’est un écart nettement moindre qui sépare le président des Républicains de l’ancien premier ministre, ils recueilleraient respectivement 28% et 47% de leurs voix. Par ailleurs, c’est aussi parmi les électeurs susceptibles de changer d’avis qu’Alain Juppé se distingue. 24% des soutiens indécis de Bruno Le Maire seraient prêts à voter pour Alain Juppé, seulement 9% pour Nicolas Sarkozy. Parmi les électeurs hésitants de François Fillon, 18% pourraient pencher pour Alain Juppé, contre 15% pour Nicolas Sarkozy. Des éléments importants, sachant que 50% des électeurs potentiels de Bruno Le Maire et de François Fillon se disent prêts à modifier leur choix.

Voilà pourquoi, parmi les électeurs certains de voter aux primaires, 56% voient Alain Juppé victorieux, et seulement 30% Nicolas Sarkozy. Parmi l’ensemble des électeurs l’écart est encore plus important, 63% imaginent Alain Juppé choisi, tandis que seulement 22% voient Nicolas Sarkozy l’emporter. En ce qui concerne les élections présidentielles, Alain Juppé est le seul à pouvoir dépasser les 30% lors du premier tour.

C’est également le seul, des candidats considérés comme crédibles de la droite (François Fillon et Nicolas Sarkozy) à surclasser Marine Le Pen (25%) au premier tour, son score (31%) étant de dix points supérieur à celui de Nicolas Sarkozy (21%), et de douze points supérieur à celui de François Fillon (19%). Et cela dans l’hypothèse d’une candidature de François Bayrou et de Nicolas Dupont-Aignan. Alors que le schéma tripartite de la vie politique française est bien installé, Alain Juppé semble être le seul à pouvoir rassembler au-delà d’un électorat partisan.

« Parmi les électeurs certains de voter aux primaires, 56% voient Alain Juppé victorieux »

Ainsi, de nombreux électeurs séduits par sa personnalité et les idées qu’il porte s’ajoutent aux 20% d’électeurs Républicains « naturels ». Sans doute est-ce une des raisons pour lesquelles François Hollande serait distancé de 13 points par rapport à Alain Juppé au premier tour, contre seulement 1 point dans l’hypothèse d’une candidature de Nicolas Sarkozy.