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Maël de Calan : «Chacun doit pouvoir vivre dignement de son travail»

3 questions à Maël de Calan, Conseiller municipal de Roscoff, Conseiller départemental du Finistère, et Conseiller d’Alain Juppé pour les questions économiques.

 

Dans son discours de Rennes AJ a présenté ses principales propositions en matière économique et sociale. Pouvez-vous nous en rappeler les grands principes ?

Alain Juppé a un objectif en matière économique et sociale, c’est le retour au plein emploi. Et une méthode, qui consiste à mettre en œuvre ce qui fonctionne partout ailleurs et que la France n’a jamais essayé.

Ce qui fonctionne partout ailleurs, c’est de travailler plus, parce que le travail crée la croissance, et la croissance crée des emplois. C’est dans cette perspective qu’il propose de sortir des 35 heures, d’augmenter l’âge de départ à la retraite, et de lever les freins qui limitent l’embauche (coût du travail, seuils sociaux, CDI trop rigide …). 

Ce qui fonctionne partout ailleurs, c’est aussi d’investir davantage, parce que les investissements d’aujourd’hui créent les emplois de demain. C’est pour cela qu’Alain Juppé propose de supprimer l’ISF, de baisser l’impôt sur les sociétés ou les prélèvements qui pèsent sur les revenus du capital. La gauche dénoncera des cadeaux aux riches : ce sont en réalité des outils au service du plein emploi qui ont fait leurs preuves ! 

Ce qui fonctionne partout ailleurs contre le chômage, c’est enfin d’innover, de former, c’est le sens des propositions qu’il a faites pour adapter nos universités à la compétition mondiale, ou pour améliorer l’efficacité de notre formation professionnelle.

En un mot, la politique sociale d’Alain Juppé, c’est de permettre à chacun de vivre dignement de son travail. Imaginez ce à quoi ressemblera le pays, quand un ou deux millions de Français auront retrouvé un travail…

 

La gauche fait le procès à AJ de vouloir remettre en cause notre "modèle social". Qu'en est-il exactement ? Ce modèle n'est-il pas "à bout de souffle" ?

Ce « modèle » auquel la gauche ne veut surtout pas toucher, laisse 5,7 millions de Français et un jeune sur quatre au chômage. Il laisse sortir un jeune sur trois de l’université sans qualification. Il rembourse de plus en plus mal les soins. J’ajoute qu’il est financé par la dette, ce qui constitue une injustice scandaleuse : les générations futures devront payer leur protection sociale en même temps que la nôtre !

Alain Juppé ne veut pas mettre à bas notre modèle social mais le conforter. Cela implique trois choses. En réduire le coût pour qu’il soit tout simplement viable. Travailler plus pour créer des richesses, qui financeront ensuite les solidarités. Vaincre le chômage de masse, enfin, en levant les freins à l’embauche : le coût du travail qui est trop élevé et le droit social qui est trop complexe.

Ce sont ceux qui refusent ces réformes qui mènent notre modèle à la faillite.

 

Avec plus de 500 000 chômeurs supplémentaires sur le quinquennat le chômage est le grand échec de F. Hollande. L'objectif de retour au plein emploi est-il crédible ?

C’est un objectif qui est tout à fait crédible : l’Allemagne a un taux de chômage de 4,2%, le Royaume-Uni de 5%, les Pays-Bas de 6%... J’ajoute que le taux de chômage des jeunes est de 24% en France contre 7% en Allemagne, un chiffre à mettre en face du nombre d’apprentis : 5% en France et 16% en Allemagne.

Mais c’est un objectif qui ne sera pas atteint par miracle. Si on continue par idéologie à garder un droit social trop complexe, un coût du travail trop élevé et une durée du travail trop faible, il ne se passera rien de majeur en termes de créations d’emplois. Si on assume au contraire un changement lourd des orientations économiques, mettant l’entreprise au cœur de notre raisonnement économique, on y parviendra. Cela demandera du courage – certaines propositions comme la suppression de l’ISF ou la réforme du CDI ne sont pas populaires. Cela demandera aussi beaucoup de cohérence et de constance dans les choix économiques. Tous les candidats à la Primaire n’en prennent malheureusement pas le chemin.