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20H France 2 : « Je veux me battre pour un projet, pour des idées »

Alain Juppé était, dimanche 11 septembre, l'invité de Laurent Delahousse au 20H de France 2.

 

Qu’est ce qui vous sépare de Macron ? Un gouffre ou une main tendue ?

Que propose-t-il ? Quand je le saurai, je pourrai répondre. Ce qu’on sait c’est qu’il n’est pas loyal et qu’il vient de poignarder comme Brutus Hollande dans le dos. On sait aussi qu’il n’est pas socialiste.

 

Sur plan des idées, vous êtes plus proche de Nicolas Sarkozy que d’Emmanuel Macron ?

Je suis proche de moi-même, je suis un homme de projet et d’idées. Mais je suis ouvert et porté au rassemblement. Je suis un homme de droite mais ouvert et porté au rassemblement. Je veux faire l’union de la droite et du centre, je l’ai fait avec  l’UMP. J’étais un des membres fondateurs de ce parti pour rassembler les forces de la droite et du centre. C’est ce que je veux faire lors des primaires s’il y a des déçus du hollandise et des électeurs du FN qui se rendraient compte que le programme de ce parti va droit dans le mur. Je veux reconstruire un État fort, qui nous protège contre le terrorisme, l’insécurité, qui maitrise les flux migratoires. Je me bats pour le plein emploi, où l’entreprise doit être au cœur du dispositif. L’école doit jouer son rôle de réducteur des inégalités. Voilà ce pourquoi je me bats, pour des idées, pour un projet.

 

Donc vous êtes plus proche de Nicolas Sarkozy sur le plan des valeurs, des idées, que d’Emmanuel Macron ?

Je viens de vous dire que je ne sais pas quelles sont les idées de M. Macron sur ces sujets.

 

Vous rencontrez les Français. Quand ils vous disent qu’ils veulent une autre politique, une recomposition, est-ce qu’un jour il ne faudrait pas une recomposition ? On vous avait entendu avec des gestes d’ouverture. Ils n’existent plus pendant la primaire ?

Je cherche le contraire et on ne me pose pas la question sur le terrain. Ce matin j’étais au salon des coiffeurs, je ne suis pas un client régulier mais ce sont des millions de professionnels. Ils m’ont demandé comment alléger les charges, comment adapter le statut d’auto-entrepreneur… C’est ça qui est important. Mon objectif : un État fort, le plein emploi, une éducation nationale qui fonctionne.

 

On va écouter le Président de la République : il a tenu un discours salle Wagram.

Arrêtons les farces ! On prend les Français pour des imbéciles, il est évidemment en campagne.

Extrait du discours de François Hollande : « L’identité n’est ni heureuse ni malheureuse, elle est en perpétuel mouvement. La France est une idée, un projet, une ambition. »

Je comprends que ça ne plaise pas à François Hollande quand il dit que la France est ni heureuse ni malheureuse. Elle est malheureuse car son quinquennat est un naufrage sur le plan économique. 24% des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage contre 7% en Allemagne. Il y a une progression des inégalités, un désarroi de l’opinion publique. Mon rôle n’est pas d’enfoncer les Français dans le catastrophisme. C’est un optimisme raisonné. Je crois en la France qu’elle peut redevenir une puissance économique, qu’elle peut reconquérir la fierté de ses valeurs, pour retrouver le bonheur de vivre ensemble.

 

Avez-vous des idées d’alliances possibles pour la primaire Les Républicains ?

Je veux d’abord gagner le premier tour. Il y aura des débats télévisés, on va confronter nos idées. J’espère que le code de bonne conduite que j’ai proposé sera respecté. Je rappelle qu’on ne demandera pas la carte d’un parti politique pour aller voter car tous les citoyens peuvent y aller. Je souhaite aussi que ceux qui n »ont pas gagné soutiendront le vainqueur.

 

Cette primaire ne donne-t-elle pas l’impression que c’est « Tous contre Nicolas Sarkozy » ?

J’aimerai bien que ce soit « Tous pour Juppé ». Je veux positiver et ne pas attaquer les autres. Nous avons grandi dans la même famille politique, ce n’est pas étonnant qu’il y ait des convergences. J’aborde ces primaires avec beaucoup de sérénité.

 

France 2 a diffusé une interview d’un dirigeant de Bygmalion mettant en cause Nicolas Sarkozy. Vous pensez que la procédure engagée peut être un obstacle pour sa campagne ?

Je m’impose une règle à laquelle je ne départirai pas : je ne commande pas les décisions et procédures judiciaires, je n’ai pas l’intention d’utiliser ce genre d’argument.

 

Est-ce que vous avez compris cette affaire Bygmalion ? A-t-elle des zones d’ombres ?

Je n’ai aucune idée de la façon dont les choses se sont passées et c’est à la justice de le dire. Je pense que la justice en France fait son boulot et qu’il faut lui laisser faire son travail dans la dignité.