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Alain Juppé : «Je veux être utile à mon pays»

Alain Juppé a accordé, ce vendredi 4 novembre, une interview au journal Trait d'Union.

 

Quelle est votre définition du Français de l’étranger ?

Je pourrais vous répondre par une lapalissade mais, plus sérieusement, un Français de l’étranger est, pour moi, d’abord un Français que les circonstances ou les choix familiaux ou professionnels ont amené à vivre dans un environnement distinct de celui que connaissent la plupart de ses compatriotes. Cette situation le conduit à exprimer sa nationalité et son lien avec la France de façon particulière, avec des sentiments propres à sa nationalité française mais aussi avec le regard des personnes étrangères qu’il côtoie quotidiennement.

C’est pourquoi, il ressent plus intensément sa relation à la France. C’est pourquoi, il a besoin d’être fier de son pays, non pas, naturellement, par esprit nationaliste, mais surtout parce que le regard que portent les étrangers sur la France est un élément important et parfois déterminant de sa vie quotidienne. C’est ce sentiment de fierté que je veux restaurer.

 

Comment réussir à sortir du slogan “Les Français de l’étranger sont une richesse pour la France” ?

Je veux que l’on cesse de se préoccuper des Français de l’étranger uniquement dans une perspective électorale de court terme. Les mesures contenues dans  mon programme résultent de la considération que j’éprouve pour les Français de l’étranger. Je dis d’ailleurs qu’il ne faut pas se gargariser de belles phrases. Si elles restent au stade des slogans, elles sont agréables à entendre mais elles sont vides de sens. Mon programme spécialement dédié aux Français établis à l’étranger est structuré avec des engagements précis, concrets qui se rapportent à la vie quotidienne.

 

Elu président de la République, quelles seraient vos premières mesures ?

Si je remporte la primaire de la droite et du centre, la campagne présidentielle proprement dite sera consacrée à présenter une “feuille de route” aux Français. Elle contiendra des engagements précis que les suffrages, si je suis élu, me donneront mandat de réaliser. Tout sera donc clair. Ensuite, l’été sera consacré à la mise en œuvre de ces réformes. Je souhaite aller vite afin de donner de la stabilité et de la visibilité à la fiscalité française. Je ne veux pas tricoter ou détricoter tous les ans les impôts ou inventer de nouvelles taxes. Je veux très vite envoyer des signaux au monde économique pour lui donner l’énergie qui stimulera les capacités d’emploi avec, notamment, une baisse massive de charges. La réforme des retraite sera également abordée lors de la discussion de la loi de financement de la sécurité sociale dont je rappelle que c’est moi l’ai mise en place.

Concernant les Français de l’étranger, outre les aspects fiscaux qui les concernent directement (suppression de la CSG/CRDS pour les non-résidents quel que soit leur pays de résidence), la concertation sur l’évaluation de la dernière réforme de l’Assemblée des Français de l’étranger sera lancée par le ministre délégué en même temps que le processus d’élaboration de la loi d’orientation que j’ai annoncée.

 

Quel message souhaitez-vous adresser aux Français établis hors de France ?

Je leur dis : « ayez confiance dans votre pays, aimez le car il en vaut la peine, donnez l’exemple du dynamisme, de l’énergie et du courage, n’ayez pas peur de dire qui vous êtes, ce que vous faites, ce que vous apportez à la France… »  Car je ne m’accommode pas d’entendre que les Français de l’étranger sont des nantis et que leur objectif est de s’expatrier pour échapper à l’impôt. Nous savons que ce n’est pas vrai, en tout cas pour l’écrasante majorité d’entre eux. Vous êtes des exemples dont nos compatriotes doivent s’inspirer. De nombreux emplois en France ne sont pas pourvus parce que ceux qui pourraient les occuper refusent la mobilité. Or, il n’y a pas de meilleur exemple des effets positifs de la mobilité que les Français de l’étranger.

 

Que proposez-vous de différent dans le paysage politique actuel ?

D’abord, je dis ce que je ferai et je ferai ce que je dis. Avouez que ce n’est pas habituel. Cette détermination qui m’anime est renforcée par mon intention de n’effectuer qu’un seul mandat. Je ne me trouve pas dans une perspective de carrière. A ce moment de ma vie, fort de mon expérience, je ne me résous pas à voir mon pays décliner de jour en jour et gaspiller son potentiel. Je suis gaulliste et n’accepte pas une France abaissée, déconsidérée, moquée, ridiculisée. Je veux être utile à mon pays. Tout ce que je propose est réalisable et repose sur un examen rigoureux des besoins, des capacités du pays et a été nourri par les échanges quotidiens que j’ai avec les Français. Rien n’est hors de portée, mais comme vous le constatez, il s’agit de choix courageux. Un programme n’est pas fait pour flatter, faire plaisir, ou pour endormir. Ce n’est pas un chèque en blanc. J’en ai pleinement conscience. Je suis le seul en capacité de battre largement Marine Le Pen et François Hollande.

 

Comment valoriser la place des Français de l’étranger dans la République ?

Votre question rejoint très précisément le quatrième chapitre de mon programme. Avec les Français de métropole et d’outre-mer, les Français de l’étranger sont une composante intégrante du peuple français. Il faut leur donner toute leur place dans la République. Je veux qu’ils aient une visibilité, aussi bien au sein du gouvernement que dans les textes. Souvent, les dispositions des lois et règlements s’appliquent à eux de façon boiteuse, inadaptée parce que l’on n’a pas pensé spécifiquement à leur situation. Je souhaite que pour chaque loi on se pose la question de son application à tous ceux qui vivent hors de nos frontières et qu’au besoin on prévoit des mesures spécifiques. Ce n’est que justice. Il est temps de tenir compte des contraintes liées à l’éloignement géographique.