Menu
Merci à vous tous qui m'avez soutenu

Je suis né le 15 août 1945 à Mont-de-Marsan, dans les Landes.

On ne me fera jamais dire qu’on est ce que l’on naît.

Je ne crois pas aux déterminismes, géographiques ou sociaux, mais à la liberté et aux choix individuels. Cette conviction a toujours inspiré mes engagements et continue à guider mes choix politiques. Je sais bien que notre époque évoque volontiers l’excuse sociale et la fatalité des origines pour expliquer les injustices et les inégalités. Elles y ont leur part, et le rôle des politiques publiques est de la réduire. Mais on peut être fier de ses racines sans en être prisonnier.

Les miennes sont landaises, et modestes. Mont-de-Marsan est une petite ville qui peut être humide l’hiver et qui est souvent caniculaire l’été. Hors saison, elle est tranquille, on la dit même léthargique. On oublie qu’elle sait aussi s’enflammer, à l’occasion d’un match de rugby, d’une corrida, ou à l’approche des Fêtes de la Madeleine. J’y ai passé une enfance heureuse, entre des sœurs, un frère, une mère omniprésente et exigeante et un père plus réservé.

On était plutôt terrien, du côté maternel, avec des forêts à exploiter et des métairies à gérer. Plutôt ouvrier du côté paternel, avec un grand-père né en Afrique du Nord et cheminot à Bordeaux : mon père n’avait que son certificat d’études. Comment mes parents se sont-ils rencontrés ? Je ne le saurai sans doute jamais. Probablement au maquis, pendant la guerre. Mon père était un résistant actif, membre depuis 1942 du Corps Franc Pommiès, et il avait participé aux combats de Mont-de-Marsan et du Médoc. Il en parlait peu, n’en attendait aucun honneur ni aucune distinction, mais il en était fier et en gardera toute sa vie une fidélité simple, mais fervente et totale, au gaullisme.

Une enfance, un enracinement et un milieu qui n’ont rien de particulier et qui sont ceux de millions de familles françaises.

« Alain Juppé, c’est plus de 60 ans de connaissance et d’amitié : bien sûr même ville, familles amies et pères gaullistes de la première heure… La dernière preuve d’amitié, il l’a réalisée il y a un mois à peine, pour les 100 ans de mon père. Il était au milieu de nous tout simplement : un aller-retour Bordeaux-Mont de Marsan pour cette occasion malgré son emploi du temps extraordinaire…Tous ceux, nombreux, présents ce jour-là ont été impressionnés par cette marque d’amitié, cette disponibilité et cette discrétion et ça c’est Alain Juppé ! » -Robert V.

Je ressentirai d’autant plus rudement ce qui sera dit plus tard du technocratisme, du parisianisme et de l’élitisme qui me seront reprochés. On est un peu ce que l’on naît, certes, et il restera toujours un peu en moi de ce jeune Landais des années d’après-guerre.

Mais on est surtout ce que l’on devient, et pour moi ce fut grâce à l’école.