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En finir avec le poison des déficits et de la dette

Le Haut Conseil des finances publiques vient de rendre son avis sur le projet de loi de finances pour 2017 attestant qu'il ne croyait à la sincérité des prévisions du Gouvernement ni en matière de croissance ni en matière de déficit.

Non seulement ce dernier ne descendra pas au niveau de 2,7% présenté par le Gouvernement, mais le Haut Conseil émet aussi un doute appuyé sur la possibilité de revenir l'an prochain à un déficit public inférieur à 3%.

Le quinquennat actuel se terminera donc comme il a commencé dans le reniement continu de nos engagements et dans la perpétuation du poison des déficits et de la dette. Comment en finir avec ce poison, retrouver notre crédibilité extérieure et cesser d'hypothéquer l'avenir des jeunes générations ?

Au printemps 2017, si je suis élu, la Cour des Comptes attestera à ma demande et en parfaite indépendance du niveau réel de déficit pour 2017, compte-tenu des nombreuses annonces non financées qui ont été faites par l’actuel gouvernement.

J'en prends le pari, au vu de l'analyse du Haut Conseil, non seulement le déficit public ne sera pas inférieur à 3%, mais il se situera aux alentours de 3,5%. La Cour se prononcera aussi sur le véritable niveau du déficit structurel¹, dont la réduction, jusqu’à l’équilibre, est prévue par notre droit et nos engagements européens.

Ce sera donc le point de départ pour le retour à l'équilibre que je veux opérer au cours du quinquennat.

Je réaliserai immédiatement les deux réformes dont notre pays a besoin depuis longtemps : (i) celle du marché du travail qui nourrira la croissance et l'emploi et donc nos recettes, (ii) celle des retraites qui consolidera définitivement ce pan majeur de notre protection sociale et représente à elle seule 20 Md€ d'économies sur la durée du quinquennat et 31 Md€ à l’horizon 2025.

Adossé à la crédibilité retrouvée grâce à ces transformations majeures, demandées depuis de longues années par les organisations internationales (Commission européenne, l'OCDE, le FMI) et approuvées par les Français qui m’auront élu, le Gouvernement dira dans la foulée comment revenir à l'équilibre en présentant :

  • la loi de programmation fiscale des mesures de baisse d'impôts et de charges que j'ai annoncée dans mon projet ;
  • la programmation des économies en dépenses, sur les exercices 2017 à 2022 pour les trois composantes des administrations publiques : État, sécurité sociale et collectivités locales.

Le Gouvernement devra respecter trois contraintes :

  • ne pas dégrader le déficit public attendu en 2017 ;
  • financer chaque Euro de baisse d'impôts par un Euro d'économies en dépense ;
  • réduire chaque année en moyenne le déficit structurel de 0,5 point de PIB.

Le retour à l'équilibre structurel s'opérera ainsi au cours du quinquennat. Le retour à l'équilibre nominal sera fonction de la vigueur de la croissance.

Je récuse en revanche toute fuite en avant qui consisterait à combattre le déficit en aggravant le déficit et l'endettement en empruntant encore davantage. Notre pays perdrait définitivement son crédit et la France serait emportée par la tempête de la hausse des taux d'intérêt, si nous n’étions pas prêts le jour où elle se produira.

Je n'accepterai pas que nos enfants et nos petits enfants payent pour nos inconséquences et je veux que le prochain quinquennat soit celui de la responsabilité retrouvée à l'égard des générations futures. 

Alain Juppé

¹ Le déficit structurel est le déficit public hors effet de la conjoncture économique. Le déficit nominal est la somme du déficit structurel et du déficit conjoncturel.