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Du symbole à l’action

Beau symbole que la présence de nombreux musulmans dans nos églises à la mémoire du Père Jacques Hamel, victime du terrorisme islamique le plus insoutenable. Geste de fraternité et de paix.

Mais face à l’exaspération des Francais, à la peur et à la colère, les symboles ne suffisent pas. Il faut des actes.

Ma position est connue : il y a place en France pour une religion musulmane éclairée, moderne, respectueuse des valeurs et des lois de la République. C’est l’esprit même de la laïcité.

Le moment est venu d’inscrire ces principes dans un acte solennel entre l’Etat et les représentants du culte musulman.

On voit bien le contenu de cet acte :

  • adhésion à la Charte de la laïcité qui doit définir ce que la République entend par laïcité: liberté de religion d’un côté; strict respect, de l’autre côté, par toutes les religions des valeurs républicaines, à commencer par l’égalité femmes/hommes; stricte séparation entre le domaine du temporel et celui du spirituel.
  • statut des ministres du culte musulman : les imams doivent justifier d’une connaissance de la Charte de la laïcité et avoir reçu la formation qui l’atteste; ils doivent prêcher en langue française.
  • financement des lieux de culte : l’origine des fonds doit être transparente et déclarée.

La difficulté, tout le monde le sait, consiste à désigner le partenaire qui signera cet accord solennel avec l’Etat. Le Conseil Français du Culte Musulman peut être ce partenaire, à condition de renforcer sa représentativité. C’est un enjeu fondamental dont la communauté musulmane française qui adhère à cette démarche doit se saisir. Et qu’elle n’interprète pas cet appel comme une forme de stigmatisation ou d’injonction, mais comme une main tendue.

Dans le même temps, nous devons faire preuve de lucidité et d’intransigeance: il existe aujourd’hui des déviances de l’Islam qui ne sont pas compatibles avec nos valeurs républicaines. Nous ne devons pas les accepter sur notre sol. Nous devons combattre avec la dernière énergie toutes les formes de radicalisation que j’ai déjà dénoncées, notamment sur Internet et dans les prisons. La lutte sans merci contre le terrorisme islamique justifie les mesures exceptionnelles que l’Etat de droit permet dans les circonstances exceptionnelles. La France a besoin d’un État fort qui protège ses citoyens. J’ai, en janvier dernier, publié un livre intitulé « Pour un État fort » qui regroupe mes principales propositions dans ce but.

Alain Juppé