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Merci à vous tous qui m'avez soutenu

Discours d'Alain Juppé à Chatou

Seul le prononcé fait foi.

Il y a deux ans, presque jour pour jour, le 20 août 2014, j’annonçais ma candidature aux primaires ouvertes de la droite et du centre, qui désigneront notre candidat à l’élection présidentielle de 2017.

 

Que de chemin parcouru depuis !

J’ai sillonné nos départements, à l’écoute des Français.

J’ai rencontré tous ceux qui, comme vous, m’ont rejoint dans plus de mille comités de soutien à travers l’hexagone comme dans nos outre-mer et à l’étranger.

J’ai dialogué avec les élus locaux qui sont de précieux relais avec la population de nos territoires, et plus de mille maires m’ont apporté leur soutien.

J’ai reçu de très nombreuses contributions sur mon site Internet qui m’ont aidé à construire mon projet pour la France. J’en ai tiré trois livres-programmes et bientôt une dizaine de cahiers spécialisés.

Tout cela, je l’ai fait avec vous et grâce à vous.

 

Pour ces deux années, pour les mois qui viennent, pour les années qui vont suivre au service de la France, je vous dis, du fond de mon cœur, un immense MERCI.

Aujourd’hui nous sommes prêts.

Aujourd’hui, après deux années de dialogue avec les Français, je suis prêt.  

Je sais ce que je veux faire pour sortir notre pays de son marasme actuel.

Et je sais comment je vais le faire.

C’est pour cela que je suis décidé à gagner, avec vous, les primaires des 20 et 27 novembre prochains. Ce sera la première étape. Elle sera décisive.

Le 27 novembre, c’est dans trois mois. Nous avons trois mois pour gagner, et il faut désormais nous lancer à corps perdu dans la compétition.

Cette primaire, inédite pour nous, doit remporter un grand succès populaire pour donner à son vainqueur une légitimité incontestable et un élan que rien ne pourra arrêter.

Le 20 novembre, tout le monde pourra voter.

Dites-le sans cesse autour de vous : il ne sera pas nécessaire d’être adhérent à un parti pour voter à la primaire. Il ne sera demandé que de souscrire aux valeurs républicaines de la droite et du centre, et de verser 2 euros à chaque tour pour contribuer en toute clarté aux frais d’organisation du scrutin.

Les primaires ne sont pas organisées par un parti mais par une Haute Autorité indépendante dont je veux saluer ici l’efficacité et l’impartialité, sous l’autorité d’Anne Levade et avec le concours de Thierry Solère qui était parmi nous ce matin.

C’est à nous désormais de réussir la mobilisation de plusieurs millions de Français qui choisiront celui ou celle qui portera leur espérance en 2017. Il faut les aider à passer à l’acte. Pour cela, chacune, chacun d’entre nous doit s’engager. Je vous y appelle avec ardeur et confiance.

Pour ma part, j’aborde cette compétition avec sérénité et détermination. Je parle de compétition plutôt que de combat car je n’ai pas l’intention de faire campagne CONTRE les autres candidats parmi lesquels nous trouverons, je le souhaite de tout cœur, une ou plusieurs femmes.

Compétition loyale, car nous appartenons à la même famille politique. En ce qui me concerne, je vais me battre contre mes deux seuls adversaires : le Front National et le pouvoir socialiste. 

Je vous demande donc d’adopter la même attitude : pour cette primaire, mobilisez-vous pour défendre nos idées, sans attaquer les autres candidats avec qui nous devrons, demain, aborder le combat de la présidentielle. 

Mais je connais la musique. A mesure que l’élan autour de moi continuera de grandir, les attaques pleuvront.

Ils diront que je suis vieux – je viens de fêter mon 71ème anniversaire, bel âge pour accéder au pouvoir comme l’ont fait avant moi d’illustres hommes d’Etat… Jamais je ne me suis senti aussi serein, dans mon corps et dans mon esprit, en harmonie avec moi-même, avec une claire vision de ce que je dois faire pour mon pays. 

Ils diront que je suis trop dur … ou trop mou ; à gauche, au centre ou nulle part ; étatiste ou hyper-libéral ; gaulliste ou atlantiste, que sais-je encore ? Tout cela, je vous l’assure, me laissera serein et conforté dans mon projet.

De mon côté, je vais me battre pour convaincre que mon projet est le bon et que je suis l’homme de la situation.

« A-t-il changé ? » Voilà la question récurrente. Ai-je changé ? Je vais vous faire une confidence : je ne crois pas ! Je me sens toujours l’Alain Juppé de Mont-de-Marsan, mon berceau familial, fidèle à la mémoire de mes parents qui m’ont donné tout ce qu’ils pouvaient donner. Bosseur en classe et avide de tous les voyages, orgueilleux et timide, passionné de musiques et assoiffé de lectures, sportif modérément, amoureux romantiquement et ambitieux méthodiquement…

Bref, je suis tel qu’en moi-même…

Je n’ai sans doute pas fondamentalement changé mais j’ai beaucoup appris.

J’ai appris de la vie, de mes échecs et de mes succès, de mes qualités et de mes défauts.

J’ai appris des gens, de leur bienveillance, souvent, et de leur hostilité, parfois.

J’ai appris des plus humbles et de leur générosité. J’ai appris des puissants et de leur ambition.

J’ai appris des jeunes et de leur soif d’engagement. Des plus âgés et de leur sagesse.

J’ai appris du vaste monde, de l’Europe et des 5 continents que j’ai eu la chance de parcourir.

Au total, j’ai appris plus des autres que de moi-même.

Alors aujourd’hui, je ne vais pas commencer à jouer un rôle. Je vais poursuivre la campagne que j’ai entamée il y a deux ans, une campagne qui me ressemble. Une campagne de vérité, de sobriété, d’espérance. Une campagne où les convictions l’emporteront toujours sur la tactique. Ma campagne. Pas celle d’un autre.

Je ne vais pas dire à chacun ce qu’il a envie d’entendre pour mieux le séduire à court terme et mieux le décevoir ensuite. Je refuserai toujours d’instrumentaliser les peurs, de flatter les bas instincts. Je veux, sans relâche, expliquer la complexité du monde, et porter une espérance, celle que vous incarnez cet après-midi même.

Le chemin sur lequel je veux vous conduire, c’est d’abord celui du rassemblement. C’est, j’en suis convaincu, la bonne réponse aux inquiétudes des Français, au-delà des frontières d‘un seul parti, fût-il le mien.

Ce rassemblement, c’est d’abord l’union de la droite et des centres qui nous a permis de gagner de nombreuses élections récentes, municipales, départementales ou régionales.

Ce rassemblement, c’est aussi convaincre les déçus du « hollandisme » dont la cohorte ne cesse de grandir, tout comme les déssillés du Front National, c’est-à-dire  tous ceux qui vont ouvrir les yeux sur l’incohérence et les dangers d’un « programme » attrape-tout. 

Car nous ne gagnerons pas sans convaincre ceux que nous avons autrefois déçus. 

Et sans rassemblement, comment, ensuite, gouverner la France ?

Voici donc, mes amis, mon premier message :

  • rassembler plutôt que chercher à cliver ;
  • rassembler plutôt que vouloir exclure ou stigmatiser ;
  • rassembler plutôt que d’exciter les surenchères.

C’est, depuis toujours, conforme à mes convictions et à mon tempérament. C’est ce que j’ai fait dans mon action municipale à Bordeaux depuis 20 ans. Et c’est ainsi que nous allons gagner, puis gouverner. 

Je veux rassembler parce que c’est ce qu’attendent les Français dont la grande majorité fait preuve dans la tourmente actuelle d’un sang-froid admirable.

La France a plus que jamais besoin d’être unie. Car elle est en état de choc. Tous les Français, et moi comme vous tous, avons été traumatisés par les tragédies qui accablent notre pays depuis 18 mois. Chaque fois, l’horreur monte d’un cran, comme à Nice et avec l’assassinat du Père Hamel dans son église. 

Après tant d’autres attaques terroristes, innommables de barbarie, les Français sont partagés entre angoisse et colère. Et pour les rassurer, il ne suffit pas de leur répéter que le risque zéro n’existe pas. Nous le savons bien. C’est une évidence. Mais l’évidence ne doit pas conduire au fatalisme pour servir d’alibi à l’inaction. Par définition, on n’a jamais fait tout ce qu’on pouvait faire ; il y a toujours une marge de progrès dans l’action publique pour faire plus et pour faire mieux.

Commençons par ne pas nous enliser dans les éternels débats idéologiques dont nous avons le secret. Agissons.    

A des circonstances exceptionnelles, oui ! il faut répondre par des mesures exceptionnelles sans se laisser entrainer pour autant dans toutes les surenchères.

Le dispositif actuel a révélé des failles inacceptables. Les Français ne comprennent pas et n’acceptent pas, par exemple, que des individus mis en cause pour leurs liens avec des activités terroristes soient remis en liberté ou placés sous simple bracelet électronique. Ils ont raison.

C’est pourquoi je veux renforcer les moyens de la Justice qui sont notoirement insuffisants, pour que les procédures d’instruction et de jugement soient plus rapides, et qu’ainsi les conditions d’incarcération soient remplies sans délais excessifs. Notre droit pénal permet de poursuivre, d’arrêter et de juger les personnes dangereuses. Donnons-nous les moyens de le faire !

Je  veux alourdir certaines peines de prison comme le juge Trévidic l’a évoqué après l’assassinat de deux  fonctionnaires de police à Magnanville par un condamné qui avait purgé une trop courte peine. Et faire appliquer réellement les peines prononcées en supprimant les remises automatiques.

Je m’engage également à lancer sans tarder un programme de construction de 10 000 places de prison pour pouvoir incarcérer dans des conditions dignes tous ceux qui méritent de l’être.

Que faire des « fichés S » ? Voilà un sujet tout trouvé pour toutes les surenchères. Je le dis clairement : je n’accepterai pas un Guantanamo à la française où l’on enfermerait sans jugement des milliers de personnes, pour une durée indéterminée, et sur simple soupçon. Tous les fichés S ne sont pas soupçonnés d’activités terroristes. Mais ceux qui le sont doivent pouvoir être mis préventivement hors d’état de nuire. Les services de renseignement peuvent souhaiter en suivre certains pour remonter des filières organisées. Dans le cadre de l’état d’urgence, les Préfets peuvent en assigner d’autres en résidence pour un temps. Au-delà, l’intervention d’un juge reste incontournable. L’autorité judiciaire reste la garante des libertés individuelles et c’est à elle, aux termes de l’article 66 de notre Constitution,  qu’il revient, dans la durée, de prendre les mesures privatives de ces libertés. 

Je propose également les moyens d’accroître les effectifs des forces de l’ordre réellement déployées sur le terrain en les allégeant de tâches administratives excessives. Nos policiers, nos gendarmes, les militaires de l’opération Sentinelle font un travail admirable et je veux ici leur dire, avec vous, mon admiration et mon soutien. Mais ils sont harassés. Il faut les soulager en mobilisant les réserves de ces différents corps, comme je le demande là encore depuis 8 mois.

Je propose enfin d’améliorer l’efficacité de nos services de renseignement en recréant un véritable renseignement territorial. 

Oui, je veux un Etat fort, qui protège les Français et leur permette de jouir en paix et en sécurité des libertés pour lesquelles notre peuple, au fil des âges, s’est tant battu.

Un Etat fort doit aussi être le garant de la cohésion nationale autour des grands principes sur lesquels est fondé notre idéal républicain, et au premier rang la laïcité. 

Je souhaite aborder avec vous cette question, difficile mais incontournable car de plus en plus prégnante dans l’esprit de nos concitoyens : celle de la place de l’Islam dans notre société laïque et dans notre République laïque. Je veux en parler comme je l’ai toujours fait, avec mesure et sans lâcheté.

Je veux avant toute chose affirmer ma farouche détermination à combattre l’islamisme radical partout où il nous défie, sur notre sol comme sur les théâtres d’opérations extérieures. Et je vais vous dire, dans un instant, quelles sont les armes dont nous devons nous doter pour gagner ce qui est une véritable guerre.

Mais avant, je veux aussi réaffirmer un choix clair : je continue à penser que la religion musulmane a sa place en France à condition que nos compatriotes qui la pratiquent respectent strictement les lois et les valeurs de la République, et notamment l’un de ses  piliers : la laïcité. C’est le cas de la grande majorité d’entre eux qui veulent que l’Islam du XXIème siècle soit une religion moderne, pacifique et tolérante.

Mais ce débat mérite d’être clarifié. Le moment est venu d’apporter des réponses précises aux questions que se posent beaucoup de Français. Et c’est un moment historique. Nous l’avons fait avec les Juifs au début du XIXème siècle à l’initiative de Napoléon. La IIIème République l’a fait avec l’Eglise catholique au début du XXème siècle, non sans violence parfois.

Nous devons le faire aujourd’hui avec les Français musulmans en leur proposant un accord solennel entre la République et les représentants de leur culte. 

On voit bien le contenu de cet accord, dans ses grands principes :

  • d’abord l’adhésion à la Charte de la laïcité dont j’ai proposé l’adoption. Cette Charte définirait en termes simples ce que laïcité veut dire en France, à savoir la séparation de l’Etat et des religions, qui s’engagent à respecter les lois – c’est bien le moins – et les valeurs de la République, à commencer par l’égalité entre les femmes et les hommes, et renoncent à imposer leurs propres normes dans la sphère publique. Moyennant quoi la République garantit à ses citoyens la liberté de choisir et de pratiquer leur religion … ou aucune naturellement.     
  • L’accord fixerait ensuite les règles relatives au recrutement et à la formation des ministres du culte musulman. Il est légitime de leur demander une connaissance des principes d’organisation de l’Etat républicain et notamment de la laïcité à la française, connaissance attestée par un diplôme universitaire comme en délivrent déjà plusieurs universités françaises.

L’accord inclurait la connaissance de la langue française et l’obligation de prêcher en français.

  • Enfin, le financement de la construction des lieux de culte devrait faire l’objet d’une déclaration permettant d’établir en toute transparence l’origine de fonds.

Je ne me dissimule pas la vraie difficulté d’une telle démarche : avec qui la République contractera-t-elle cet accord solennel ? 

La religion musulmane regroupe de nombreuses traditions et sensibilités, parfois en conflit les unes avec les autres. Elle n’est en général pas dotée d’une organisation ni d’une hiérarchie. Et pourtant il faut un partenaire reconnu pour signer un accord.

C’est le défi que doivent relever les Français musulmans pratiquants : se doter d’une organisation qui leur permette de dialoguer valablement et collectivement avec les pouvoirs publics. C’était l’idée du Conseil Français du Culte Musulman. Sa représentativité, sa légitimité, son indépendance par rapport à des Etats étrangers sont parfois contestées. Il faut régler ce problème.

C’est un appel que je lance à nos compatriotes musulmans. Ils le savent, ce n’est ni pour les stigmatiser ni pour les mettre au pied du mur. Mais pour leur tendre la main. J’en prends le risque politique.

De la même voix, je vous redis ma farouche détermination à combattre l’Islam radical sous toutes ses formes : violentes et c’est la lutte contre le terrorisme dont je viens de parler ; mais plus pernicieuses aussi, à savoir la radicalisation des esprits.

Ce combat commence à l’école, où tout se joue. 

La première mission de l’école, c’est bien sûr de transmettre des connaissances. Mais c’est aussi, dès le plus jeune âge, de former le jugement, l’esprit critique, le libre-arbitre dans la tête de nos enfants. Ils sont plus vulnérables que jamais parce qu’ils baignent très tôt dans l’univers d’internet où circulent le meilleur et le pire.

Nous devons les armer, intellectuellement et moralement, pour qu’ils fassent le tri entre l’information et la propagande, les faits et la fiction, la vérité et le mensonge.

Lutte contre la radicalisation sur internet dont certains messages infectent les esprits faibles. La création du délit de consultation habituelle des sites faisant l’apologie du terrorisme, que j’avais préconisée, est une première arme. Au-delà, les géants de l’internet ne peuvent refuser le déchiffrement de connexions anonymes sur leurs réseaux quand il y a présomption de menées criminelles. Les Etats sont en droit de faire prévaloir les exigences de l’ordre public et de la sécurité des personnes.  

Lutte contre la radicalisation dans les prisons dont on sait qu’elles sont devenues de véritables incubateurs de djihadisme. Il faut y isoler les détenus radicalisés. Il faut y créer, comme je le propose, une police pénitentiaire à même de collecter de précieux renseignements et de faire cesser de dangereux trafics. 

Lutte contre la radicalisation dans les lieux de culte. Tous ceux où l’on prêche contre la République et contre la paix civile doivent être fermés et leurs prédicateurs poursuivis ou expulsés.

Je le redis avec force : pour moi, les musulmans qui pratiquent une religion respectueuse de nos lois et de nos valeurs ont toute leur place dans la République. Pas les autres ! 

Ce combat, nous le menons aussi hors de nos frontières. La France est engagée avec plusieurs Nations dans la guerre que lui ont déclarée l’Etat Islamique et d’autres organisations terroristes comme AQMI.

Je veux saluer avec vous le courage et la compétence de nos soldats engagés dans les sables du Sahel.

La France peut être fière d’eux !

Hélas ! sur la scène internationale, la voix de la France n’a cessé de s’affaiblir depuis 4 ans.

Le bilan du quinquennat de F. Hollande est tout aussi  calamiteux sur le plan intérieur  et les Français ont perdu toute confiance dans ceux qui les gouvernent .   

En 2017 la France aura donc besoin d’une profonde alternance. Elle le sait et elle l’attend. 

En 2017, nous aurons la lourde tâche de répondre à cette attente en faisant renaître la France puissante qui reprendra son rang parmi les grandes Nations.

Une France puissante qui, sur la scène internationale, affirme ses choix stratégiques, sans être inféodée à quiconque, ni à l’Est ni à l’Ouest, ni au Nord ni au Sud. C’est ce que la communauté internationale attend d’elle, et c’est ce que Jacques Chirac incarnait si bien. Cet après-midi, pensons à lui.

Une France puissante, qui reprend l’initiative en Europe, qui ne se résigne pas à laisser le Brexit défaire la construction que nous avons édifiée depuis un demi-siècle ; une France qui parle d’égale à égale avec l’Allemagne et qui affirme clairement ses priorités :

  • le rétablissement de ses grands équilibres financiers mais aussi le soutien à la croissance et à l’investissement ;
  • le respect des frontières que nous avons mises en commun et pour lesquelles le statu quo n’est plus possible ;
  • la politique de sécurité et de défense commune en avançant résolument avec nos partenaires qui y sont prêts vers une mutualisation de certains de nos moyens militaires.

Une France puissante, qui ne baisse pas la garde et qui fait les efforts nécessaires, y compris budgétaires, pour que ses armées aient les moyens d’assurer la défense nationale, tant par la dissuasion nucléaire, garante de l’intégrité de notre population et de notre territoire, que par une capacité de projection sur les théâtres d’opération où nos intérêts sont en jeu.

Une France puissante, qui retrouve la maîtrise de sa politique migratoire.

J’ai proposé l’instauration de quotas d’immigration par pays et par compétences, comme il en existe dans bien des démocraties occidentales.

J’ai proposé de réduire sensiblement la durée d’examen des demandes d’asile et de reconduire effectivement à la frontière ceux dont la demande est rejetée.

J’ai proposé de conditionner l’acquisition de la nationalité française des enfants nés en France, autrement dit le droit du sol, à la régularité du séjour d’au moins l’un des deux parents au moment de la naissance.

Et j’ai proposé de conditionner le regroupement familial à l’exercice d’un emploi et donc à l’existence d’un revenu du travail pour le demandeur.

Une France puissante qui remet son économie en marche en lui apportant le ballon d’oxygène dont elle a urgemment besoin. Dans mon livre Cinq ans pour l’emploi, j’ai précisé, en détails, ma stratégie économique :

  • une loi quinquennale de programmation fiscale pour donner aux acteurs économiques la visibilité dont ils ont besoin sur les baisses de charges et d’impôts ;
  • un travail ambitieux de simplification dans la maquis des normes et des procédures qui paralysent tous ceux qui veulent créer et entreprendre ;
  • la réduction progressive et équilibrée du poids de la dépense publique qui a atteint un record insupportable ;
  • la confiance faite à l’entreprise de la plus petite à la plus internationale pour reconquérir des parts de marché et innover.

Dans cette stratégie de reconquête économique, l’industrie devra retrouver sa place et les pouvoirs publics devront créer les conditions de compétitivité qui lui permettront de prendre un nouveau départ.

Je ne me résigne pas davantage à voir notre agriculture, qui fut la première d’Europe, décliner inexorablement, de crise en crise. Je sais que la baisse des prix désespère nos producteurs de lait et de viande bovine. C’est le tour maintenant de nos céréaliers qui me disent : « On n’a jamais vu ça ! Une récolte qui va tomber de ses 40 millions de tonnes habituels à moins de 30 ». Ils ont besoin dans l’urgence d’aides de trésorerie. J’ai défini dans mon cahier Agir pour l’agriculture les voies et les moyens du redressement. Nos agriculteurs me trouveront toujours à leurs côtés.

Une France puissante qui se donne les moyens d’être durablement généreuse. La croissance et le plein emploi, en augmentant la richesse française, nous permettront de lutter plus efficacement contre la précarité, la pauvreté, l’injustice des inégalités qui minent notre société. Je serai fidèle à l’idée de justice sociale qui fait partie de ma filiation gaulliste.  

Objectifs ambitieux, me dira-t-on !

Mais la France a besoin d’une haute ambition !

La France l’attend.

La France l’espère.

Mais elle s’interroge : souvent, dans mes rencontres, après le temps de la discussion et généralement celui de l’adhésion, vient le moment du doute. « D’accord. Vos idées nous plaisent. Mais qu’est-ce qui nous garantit que, cette fois, vous aurez le courage d’aller jusqu’au bout ? Que vous ne calerez pas devant la rue ou les syndicats ? »

La seule façon d’y répondre de manière convaincante, c’est de FAIRE : la démonstration par la preuve. Mais quand on n’est pas au gouvernement, il est difficile de FAIRE.

Je réponds donc aujourd’hui par mon discours de la méthode :

1) annoncer la couleur à l’avance ;

2) être prêt et agir vite ;

3) gouverner vraiment ;

4) faire un seul mandat.

Je m’explique.

On me parle souvent des 100 jours qui suivront l’élection présidentielle. Il faudrait tout faire en 100 jours parce qu’au-delà, ce serait inévitablement le blocage. Je ne partage pas cette obsession ni ce pessimisme.

Je préfère parler des 100 jours d’avant, ceux de la campagne électorale… C’est à ce moment-là que je veux dire aux Français ce que j’ai l’intention de faire s’ils me font confiance, sans rien dissimuler de mes projets, même de ceux dont le premier goût ne sera pas de miel. C’est pour moi la seule manière honnête d’obtenir un mandat clair.

Si les Français m’élisent, ils sauront à quoi s’en tenir.

Ils sauront ce que je ferai une fois élu, et pourquoi le pays ira mieux lorsque je l’aurai fait. L’élection présidentielle donnera à son vainqueur toute légitimité pour agir, pour faire ce qu’il aura annoncé.

Etre prêt et agir vite :  pour les réformes les plus urgentes, je préparerai un ensemble de textes, projets de loi ou ordonnances que je rendrai publics le moment venu avant l’élection présidentielle. Je m’engagerai à les mettre en œuvre rapidement. Ces réformes seront autant de déclics qui, en six mois, pourront changer le climat politique et faire revenir la confiance

Certes, certaines réformes prendront plus de temps.

Mais le cap sera donné et la barre tenue.

Je présiderai, et le gouvernement gouvernera.

Je demanderai aux ministres de diriger véritablement leurs administrations et pour cela, je veux les choisir pour durer. Je veux qu’ils accordent autant d’attention à l’application des décisions qu’à leur conception.

Enfin, rassurez-vous : je n’aurai pas l’œil vissé sur les sondages pour préparer au mieux ma réélection en évitant tout ce qui fâche, même ce qui est indispensable… puisque je ne ferai qu’un seul mandat. Ceux qui auront contribué à notre réussite collective auront alors un chemin tout tracé pour la poursuivre.

 

5 ans de travail, chaque mois, chaque semaine, chaque jour, chaque heure consacrée à la France. Pas à mon destin personnel. Pas à la tactique, ni aux petits calculs. A la France. Aux Françaises et aux Français. Et tout particulièrement aux générations qui prendront la relève.

Je veux préparer la France de nos enfants, la France de 2030. Une France qui ira mieux. Qui aura retrouvé confiance en elle. Où nous aurons retrouvé confiance en l’autre. Fierté. Grandeur. Et du bonheur, peut-être, ce bonheur qui paraît si lointain et qu’il ne tient qu’à nous de réinventer.

C’est à la jeunesse de France que, pour terminer, je voudrais m’adresser à travers vous, à travers les formidables JAJ, et à travers toi, chère Marine, qui a porté leur message.

LA jeunesse, je devrais dire LES jeunesses, tant leur diversité est grande.

Il y a les jeunes qui étudient encore et ceux qui travaillent déjà, ceux qui galèrent à la recherche d’un premier emploi qu’on leur refuse faute d’expérience professionnelle… et pour cause.

Ceux qui sont à l’aise dans la mondialisation et partent à la découverte d’autres horizons.

Ceux qui ont décroché et qui ont perdu tout repère, au point de parfois devenir la proie de toutes les propagandes et de tous les fanatismes.

Je voudrais n’en oublier aucun.

Car dans leur diversité, malgré les épreuves que beaucoup traversent, ils nous apportent tous les vertus qui nous manquent parfois : la joie de vivre, la générosité, l’esprit d’invention et d’entreprise, l’absence d’idées toutes faites et de préjugés nostalgiques.

Je le leur dis souvent : vous êtes nos vitamines.

A tous, nous devons donner les meilleures chances de réussir la vie qu’ils méritent. C’est pourquoi je fais de la réforme de notre système éducatif la mère de toutes les réformes. C’est dès la toute la petite enfance que l’école doit jouer son rôle pour corriger les inégalités qui apparaissent très tôt. Il faut donc prendre tous les moyens pour soutenir ceux qui en ont le plus besoin, en personnalisant les parcours tout au long du cursus scolaire.

C’est pourquoi je veux remettre aussi à l’honneur les filières de l’alternance et de l’apprentissage qui sont, pour beaucoup, le meilleur chemin vers une insertion professionnelle réussie.

C’est pourquoi je veux faire cesser l’hypocrisie officielle qui maintient au seuil de l’enseignement supérieur la fiction d’une entrée libre… suivie plus tard d’une impitoyable sélection par l’échec. A la place, il faut donner à nos jeunes la chance d’une véritable orientation sélective. 

Enfin je veux favoriser l’épanouissement de nos jeunes au travail, en soutenant ceux qui créent leur entreprise – et ils sont nombreux . En accompagnant ceux qui choisissent le travail indépendant qui va prendre de plus en plus de place, et c’est une chance à condition qu’il ne les entraine pas dans la précarité. En œuvrant à ce que l’entreprise devienne pleinement un lieu de dialogue social, de bien-être au travail, de prise de responsabilité, voire d’actionnariat salarié.

En retour, j’aurai besoin de vous, mes jeunes compatriotes, et de votre engagement à mes côtés. J’aurai besoin de vous pour construire une société nouvelle, la société de confiance dont je fais mon but. Ne vous laissez pas abattre par le défaitisme des prophètes de malheur. Soyez les pionniers d’une France qui va retrouver le chemin d’une identité heureuse. Chacun a compris que c’était mon objectif !

Aujourd’hui, je voudrais vous proposer de faire cause commune, vous et moi, pour relever trois grands défis. 

D’abord, la cause de l’égalité entre les femmes et les hommes. De grands progrès ont déjà été accomplis, c’est vrai. Mais il reste fort à faire. Il faudra, entre autres actions, s’attaquer aux inégalités persistantes de traitement dans la vie professionnelle ; et continuer à faciliter la conciliation entre vie de famille et vie de travail. Mais l’essentiel, ce sera de faire cesser un scandale révoltant : la violence faite aux femmes.

Savez-vous qu’en France, tous les 2 jours, une femme meurt de mort violente ? Des mesures drastiques devront être prises pour réprimer de tels actes. Mais, comme le disait récemment Barack Obama, c’est en chacun de nous que doit s‘accomplir le changement de mentalité. C’est pourquoi vous avez une responsabilité éminente : celle d’un âge où l’on peut mieux qu’à d’autres refuser les stéréotypes et, pour dire la vérité, s’affranchir de la bêtise accumulée au long des siècles.

Deuxième cause à partager : le sauvetage de la Terre. Ici encore vous êtes en première ligne. Parce que c’est de la planète dans laquelle vous allez vivre, vous et vos enfants, qu’il s’agit. En décembre dernier, nous avons tous applaudi à l’annonce de l’accord de Paris conclu dans le cadre de la COP21.

Mais tout reste à faire. En vérité, ce qui va compter, ce ne sont pas les grand-messes officielles, mais les changements de comportement au quotidien, dans nos façons de vivre.

C’est pourquoi je vous invite à vous engager : militez donc, comme citoyens ou comme élus locaux ; militez dans nos villes, dans nos quartiers, dans nos villages pour qu’on y construise des bâtiments à énergie positive, pour qu’on y développe les déplacements doux et les véhicules électriques, pour qu’on y adhère à la charte « Zéro gaspillage, zéro déchets », pour qu’on y installe des réseaux intelligents qui permettent d’économiser l’eau ou l’énergie…

L’écologie doit être concrète, incitative, les Maires le savent bien. Venez donc à Bordeaux voir ce que nous faisons. Ce n’est pas si mal… N’abandonnez pas ce combat à quelques ayatollah d’une idéologie rétrograde.

Ici encore le salut viendra de l’innovation et de l’imagination, c’est-à-dire de vous.

Troisième cause : celle de l’innovation scientifique et technologique. Soyez à l’avant-garde de cette autre révolution qui est déjà engagée mais dont les plus extraordinaires développements sont devant nous. Travaillons, cherchons, créons, jouons, échangeons sur le web… qui nous offre des possibilités infinies.

Nous allons produire autrement, consommer autrement, apprendre autrement, nous soigner autrement … et je l’espère vivre mieux. Big data, blockchain, robotique, intelligence artificielle, réalité augmentée … Vous allez vivre dans un autre monde. Vous avez de la chance.

Soyez néanmoins conscients que la France, en ce domaine, n’est pas au niveau d’excellence où elle devrait être. Notre pays est par exemple classé 26ème sur 28 dans l’Union Européenne pour le déploiement du Très Haut Débit ! Ce n’est pas acceptable, d’autant que nous avons tous les atouts pour figurer au premier rang, notamment celui des compétences.

Alors, allez-y, créez, entreprenez, investissez. Et entrainez vos camarades jeunes femmes qui sont trop peu présentes dans les filières scientifiques et les métiers du numérique.

Mais ne perdez pas la maîtrise de ces technologies. Le risque existe que nous en devenions les esclaves.  Soyez donc vigilants, soyez intransigeants, gardez le maîtrise de votre destin. Cela s’appelle LIBERTE et c’est la plus belle conquête de l’espèce humaine.

 

Chers amis,

Avant de prendre avec vous la route qui va nous conduire à la victoire du 20 novembre, je voudrais vous dire une nouvelle fois MERCI.

Vous êtes venus de tous les horizons, de toutes les villes et de tous les villages où vous animez mes comités de soutien, de tous les métiers, de toutes les conditions, de tous les âges. Mais vous avez une belle qualité en commun : l’engagement. L’engagement d’autant plus ardent qu’il est désintéressé, au service de l’idée que vous partagez de la France et de son avenir. Mais aussi, permettez-moi de le dire, l’engagement autour d’un homme auquel vous avez choisi de faire confiance.

C’est, pour moi, un encouragement formidable. C’est aussi une lourde responsabilité : celle d’être digne de votre confiance. Sachez que je vais tout donner pour cela.

Cette journée était importante pour moi. Elle a tenu toutes ses promesses. J’ai senti combien nous étions proches, combien nous partagions les mêmes attentes, combien nos esprits vibraient aux mêmes idées, nos cœurs aux mêmes mots. Et je me sens porté maintenant par le même enthousiasme que vous tous, celui que nous donne une force puissante qui grandit en nous-mêmes. Elle a un nom : l’amour de la France.

Oui, nous aimons la France comme on aime sa mère, d’un amour naturel, inconditionnel, infini.

Oui, avec vous, j’aime la France comme la terre nourricière qui nous a tout donné : notre langue si riche, notre patrimoine, les cathédrales et les châteaux de la Loire mais aussi  les Essais de Montaigne, les Pensées de Pascal, les Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand, les Misérables de Victor Hugo, les Mémoires d‘Hadrien de Marguerite Yourcenar et tant d’autres chefs-d’œuvre qui aident à penser, à sentir et à vivre. 

J’aime la France parce qu’elle met la culture, celle dont nous héritons et celle que nous créons, au cœur de notre projet collectif.

J’aime la France parce qu’elle est infiniment belle et j’en ai été une fois encore ébloui cet été en passant de l’immobilité sereine des contreforts des Pyrénées au tumulte des plages océanes et de la mer « toujours recommencée ».

J’aime la France quand elle aime l’avenir. Nous n’avons jamais eu peur des idées nouvelles : nous les avons inventées ! Nous n’avons jamais craint les révolutions : nous les avons faites ! Nous n’avons jamais tourné le dos aux nouveaux mondes : nous les avons découverts !

J’aime la France quand elle est grande et généreuse.

J’aime la France quand elle est fidèle à elle-même et à sa vocation universelle.

J’aime la France et les Français qui, aujourd’hui, je le sens, n’ont qu’un rêve :  retrouver le fierté d’être Français et le bonheur de vivre en France.

Voilà pourquoi j’ai envie de vous conduire à la victoire.

Vive la France puissante !

Vive la France fière !

Vive la France heureuse !