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[COMMUNIQUÉ] Lutte contre le terrorisme : dangereuse irresponsabilité

Depuis les terribles attentats de Paris de l’année 2015, le gouvernement français et ses homologues européens nous promettent, à juste titre, une mobilisation totale pour lutter contre le terrorisme.

Si la plupart des mesures législatives et opérationnelles relèvent de chaque autorité nationale, certains dispositifs doivent se décider au sein des institutions européennes. C’est le cas du fameux PNR (un fichier recensant les données des passagers aériens), une directive négociée depuis 5 années à Bruxelles et sur laquelle gouvernements européens, Commission Européenne et Parlement Européen ne se sont finalement mis d’accord qu’en décembre dernier.

La substance du texte – qui permet une meilleure traçabilité des personnes suspectes- étant enfin agréée, son application dans les 28 Etats-Membres passe désormais par un vote du Parlement Européen.

La conjonction de votes de gauche (les groupes communiste, socialiste – à l’exception notable de 3 députés socialistes français- et écologiste) et d’extrême-droite (dont le Front National – en l’absence de Mme Le Pen) a, hier à Strasbourg, repoussé de nouveau l’inscription de ce vote à l’ordre du jour du Parlement Européen (207 contre le vote, 163 pour).

Alors qu’un consensus existe désormais sur les dispositions de ce texte important (avec des garanties fortes en matière de protection des données personnelles), répondant à un besoin essentiel de nos services de sécurité face à une menace d’ampleur inédite, des eurodéputés de gauche et d’extrême-droite, dans une inquiétante alliance de circonstance, font preuve d’une dangereuse irresponsabilité.

Il est à l’honneur du groupe parlementaire de droite du Parti Populaire Européen et de ses élus Les Républicains, rejoint d’ailleurs par les eurodéputés centristes français, d’insister pour que ce dispositif soit enfin adopté à Strasbourg. En revanche, que les groupes parlementaires de gauche se retranchent sur des postures idéologiques ou procédurales pourtant contraires aux demandes des gouvernements pourtant souvent issus de ces mêmes familles politiques de gauche (France, Italie, Portugal, coalition en Allemagne et en Autriche…) suscite un profond malaise.

La compassion et la solidarité exprimées unanimement en Europe après chaque attentat sont admirables mais vaines si elles n’amènent pas à une prise de conscience collective et des décisions concrètes pour se donner les moyens efficaces de lutter contre le terrorisme. Le gouvernement français, qui promet l’adoption rapide de ce texte depuis 3 mois, doit convaincre ses partenaires européens de passer aux actes. Plus d’attentisme est incompréhensible, dangereux et coupable.