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Arnaud Danjean : «l'inexpérience de François Hollande a coûté cher à la France»

Arnaud Danjean, Député européen et Porte-parole d'Alain Juppé, était ce mercredi 28 septembre à Saint-Benin-d’Azy pour une réunion de soutien à Alain Juppé. Il a profité de l'occasion pour accorder une interview au Journal du Centre.

 

Pourquoi soutenir Alain Juppé?

Parce que c'est le bon candidat au bon moment. Il incarne pour moi l'homme d’État dont le pays a besoin dans la situation dans laquelle nous sommes. Le pays est dans une situation dramatique. Il est dégradé économiquement et socialement, il est inquiet sur sa sécurité, se pose beaucoup de questions sur lui-même. Il lui faut un Président qui possède de l'expérience. Une expérience de l'État, une expérience des relations internationales, européennes. Dans le quinquennat, catastrophique, de François Hollande, l'inexpérience de l'appareil de l’Etat de François Hollande et Jean-Marc Ayrault a joué un grand rôle.

  Au-delà de l'expérience et de la qualité d'homme d'État d'Alain Juppé, je suis convaincu que sa capacité à rassembler est ce qu'il faut à la France aujourd'hui. Le fait qu'il prône le rassemblement plutôt que le clivage, c'est important. Le pays est à fleur de peau. N'ajoutons pas encore de la division.

Je me retrouve, enfin, dans la sobriété et le sérieux d'Alain Juppé. En tant qu'élu, je vis très cruellement la défiance de mes concitoyens. Ils ne nous croient plus, car on a trop promis. Alain Juppé, en ce sens, ne fait pas de promesses, mais met sur la table des propositions applicables et réalistes. L'enjeu premier, c'est bien de faire ce que l'on dit.

 

L'Union européenne, « Bruxelles » est souvent rendue responsables des échecs gouvernementaux, quels qu'ils soient. Comment le député européen que vous êtes vit-il cette situation ?

Je le vis d'autant plus mal que c'est un mensonge éhonté de se défausser sur « Bruxelles ». Dans le mode de décision européen, les gouvernements ont toujours leur mot à dire. La France sait ce qui se passe à Bruxelles et l'accepte.

Au-delà de ce qui relève du mensonge, il faut souligner que la France a perdu de l'influence au sein de l'Union européenne. Le quinquennat de François Hollande a été sur ce plan une catastrophe absolue. A peine élu, il s'est mis à dos Angela Merkel pour des raisons idéologiques. Il n'a cessé de la considérer comme une chancelière de droite alors que le couple franco-allemand doit être à l'abri des tumultes politiques... Cela a affaibli la France dans l'Union européenne, comme ses résultats économiques l'ont affaiblie.

A Bruxelles, votre influence est proportionnelle à votre feuille de notes économique. Or, avec sa croissance faible et son taux de chômage élevé, la France n'est pas dans les clous... Cela nous décrédibilise. La voix de la France ne pèse plus. Elle a beaucoup de mal à fédérer des énergies européennes autour d'elle. Or, en 2009, au moment de la crise du lait, on avait pu le faire avec Bruno Le Maire...

 

Alain Juppé président, qu'est ce que cela change sur la scène européenne?

Alain Juppé a une crédibilité. Il est connu et reconnu chez les responsables européens. Mes collègues députés européens l'attendent. Ils sont convaincus qu'il pourra redonner à la France une parole responsable. Ils savent qu'Alain Juppé prendra ses responsabilités et qu'il fera le travail que la France doit faire.

L'activisme de Nicolas Sarkozy a été pour le meilleur et pour le pire. Il y a eu le meilleur en montrant une capacité à assurer le leadership au moment de la présidence semestrielle du conseil de l'Union européenne en 2008. Et il y a eu le pire : ses positions sur l'Union européenne, qui ont heurté beaucoup de nos partenaires.

 

Vous avez employé le verbe « heurter». Ne pensez-vous pas que la primaire contribue à aller vers la surenchère, justement, quitte à heurter ?

Traditionnellement, la primaire n'est pas dans notre ADN. Mais deux points rendent la primaire inévitable. Un : aucun chef ne se dégage naturellement. Deux : la tripolarisation de la vie politique. Dans un système bipolarisé, le premier tour servait de primaire, en quelque sorte. Aujourd'hui, ce luxe est inimaginable, puisque Marine Le Pen a de grandes chances d'accéder au second tour de l'élection présidentielle.

 

Croyez-vous au devoir d'exemplarité, dans la vie publique et privée, du chef de l'Etat ?

On s'est beaucoup moqué du « Président normal ». Parce qu'il s'agit d'une fonction exceptionnelle qui requiert des compétences exceptionnelles. Pour autant, François Hollande avait perçu que les Français demandaient _ et il s'est sans doute trompé de mot _ de l'exemplarité, sur le plan de l'éthique et du comportement. Je viens de Saône-et-Loire et j'ai pu mesurer sur le terrain les effets dévastateurs de l'affaire Thévenoud... Les affaires accolées au nom de Nicolas Sarkozy, quand bien même il n'est pas condamné, c'est également dévastateur. Alain Juppé a lui-même été condamné dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris... Et il a assumé sa condamnation, au-delà de ce qui lui était reproché.

 

Vous avez contribué à l'écriture du projet d'Alain Juppé sur les questions de Défense et de sécurité. Quels sont les grands axes de ce projet ?

Les Français sont demandeurs de sécurité et d'ordre. Chaque société réclame la concorde et la sécurité, extérieure et intérieure. C'est un droit. Ce que nous proposons _ et le projet d'Alain Juppé est très crédible dans ce domaine, contrairement à ce que certains adeptes d'un « Etat fort » veulent faire croire _ ce sont des choses réalistes pour améliorer la sécurité au quotidien. Il faut remettre la force publique dans la rue. Et arrêter la destruction des postes de police et de gendarmerie.

 

Destruction qui ne relève pas du gouvernement Hollande...

En effet. Et il faut rendre aux forces de l'ordre des tâches qui relèvent de la sécurité. C'est aussi valable pour le Renseignement. Il y a eu un démantèlement du Renseignement territorial qu'il nous faut corriger. Il faut donner de la visibilité, un cap, et des moyens de tenir ce cap.

 

Quel regard sur le plan Cazeneuve et la répartition des migrants de Calais sur l'ensemble du territoire ?

Il présente deux lacunes : il n'y a pas de concertation avec les collectivités, et le plan ne s'attaque pas aux vrais problèmes. On a trop longtemps laisser dériver le système d'asile...

 

Avez-vous signé la pétition du président de la Région Rhône-Alpes-Auvergne et président par intérim de LR, Laurent Wauquiez, pour dire « non à la création de "jungles" sur l'ensemble du territoire » ?

Non. Le rôle d'un élu, ce n'est pas de signer des pétitions, mais d'agir. Quand on signe une pétition, c'est une forme d'aveu d'échec. 

 

Retrouvez l'interview sur www.lejdc.fr