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Merci à vous tous qui m'avez soutenu

Je suis agrégé de lettres classiques, ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’École Nationale d’Administration.

J’ai toujours été bon élève.

En réalité, non. En primaire j’étais comme tous les autres, un petit garçon turbulent qui attend que le cours s’achève pour se consacrer à la seule chose digne d’emplir une vie d’enfant : le jeu. J’avais une mère exigeante et j’imagine que je faisais juste ce qu’il fallait pour lui faire plaisir et éviter les reproches.

Mais un évènement s’est produit vers huit ou neuf ans : la rencontre avec une institutrice passionnée par le monde, par la transmission et par son métier. Elle a sans doute éveillé quelque chose. J’ai découvert que j’aimais apprendre. Quand je parle du rôle des enseignants, quand je dis que l’éducation est la mère de toutes les réformes et qu’il faut « mettre le paquet sur l’école primaire », je pense aussi au petit Landais dissipé et à l’institutrice de Mont-de-Marsan.

Alors va pour bon élève. J’ai collectionné les prix d’excellence. J’ai été lauréat du concours général. J’étais avide de connaissances, je dévorais tous les livres et je respectais mes professeurs. J’ai eu cette chance que beaucoup n’ont pas connue : j’étais heureux à l’école.

« C’était au lycée Louis-le-Grand à Paris entre 1962 et 1964. Nous étions tous deux internes. Son accent du Sud-Ouest était moins marqué que le mien. Il a eu le Prix d’excellence dans sa classe, prix extrêmement mérité. Mais, je dois le dire, il était sympathique, et pas du tout “ramenard”, même s’il était déjà assez clair qu’il aurait un grand parcours. » - Claude D.

Je ne suis pas sûr que cela contribue à me faire aimer : en France, pour des raisons assez mystérieuses, la figure du bon élève, du premier de la classe ou du fort en thème est tout sauf sympathique. Je n’ai pas beaucoup de mérites à avoir été bon élève, puisque j’aimais ça. Mais franchement, pourquoi faudrait-il s’en excuser ?

Les bons élèves ont au moins cet avantage : on leur assure que toutes les voies leur sont ouvertes. Dans le secondaire, je me voyais médecin ou plutôt, sans doute, était-ce ma mère qui l’imaginait pour moi. L’amoureux de culture gréco-latine que j’étais se rêvait parfois en archéologue. C’est en fait la vocation du service de l’État qui s’est peu à peu imposée comme une évidence.

Hypokhâgne et khâgne : un « bagne », mais exaltant. « Normale Sup’ » : la culture, une sensation grisante de liberté, un bonheur absolu. L’ÉNA : un passage obligé.

« J'ai rencontré Alain Juppé pour la première fois en 1970 à Angers. Je n'avais que 5 ans mais mon père, sur la photo, m'avait présenté un stagiaire ENA plein d'avenir. Il était alors en stage auprès de André Vimeney. » - François D.

En 1972, à ma sortie, je choisis l’Inspection générale des Finances.