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“Les Français ont besoin d'unité”

Quelques jours après les terribles attaques qui ont frappé la France, et la convocation du Parlement en Congrès, Alain Juppé s’exprime dans les colonnes du journal Le Figaro. Dans son entretien, il revient sur la nécessité de s’unir, la meilleure des ripostes, mais aussi sur l’exigence des résultats des Français. 

LE FIGARO – COMMENT AVEZ-VOUS REÇU LE DISCOURS DE FRANÇOIS HOLLANDE ?

Alain Juppé – C’était un bon discours. À la hauteur, tout du moins dans ses intentions, du défi qui nous est lancé. Il faut voir maintenant ce qu’il en résultera. Les Français exigent des résultats, plus que des annonces.

APPROUVEZ-VOUS LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION?

Alain Juppé – Je ne suis pas du tout sûr que cela soit une urgence. Le comité Balladur en 2008 avait proposé une clarification des dispositifs de l’état de siège, de l’état d’urgence et de l’article 16 sur les pleins pouvoirs. Je réserve mon jugement en attendant de voir les propositions du premier ministre. De toute façon, une réforme constitutionnelle prend plusieurs mois…

LES RESPONSABLES DE VOTRE PARTI QUI ONT CRITIQUÉ LE DISCOURS PRÉSIDENTIEL ONT-ILS TORT ?

Alain Juppé – Chacun s’exprime à sa manière. Je continue à penser que la France a besoin d’unité, que les Français demandent cette unité. Ils sont d’ailleurs peut-être plus unis aujourd’hui qu’au lendemain des attentats de janvier. Alors, s’il y a des choses critiquables dans les annonces du gouvernement, nous ferons notre travail. S’il y a de bonnes choses, il faut le dire aussi. Quand je parle d’unité, je ne pense pas à un gouvernement d’union nationale. Je n’ai jamais été en soutien au gouvernement. Je proposerai, si je gagne les primaires, une autre politique économique, une autre politique fiscale, pénale, de santé que celles qui sont menées actuellement. En revanche, aujourd’hui, nous ne devons pas mettre de bâtons dans les roues du gouvernement sur les questions de sécurité.

LA MAJORITÉ A-T-ELLE TROP TARDÉ ?

Alain Juppé – Bien sûr, on peut reprocher du retard. Mais aujourd’hui, nous devons être vigilants et exiger des résultats. Je souhaite que, dans les six mois, le président de la République vienne au rapport et explique ce qui a été fait. Méfions-nous cependant de la surenchère d’imagination juridique. Tous les outils sont déjà en place: on peut faire des perquisitions jour et nuit avec l’état d’urgence, prononcer des interdictions de séjour, expulser les imams étrangers qui se rendent coupables d’apologie du terrorisme, poursuivre les imams français qui commettent le même genre d’infractions. Ce qui compte, c’est la volonté politique d’agir. Il y a sans doute eu des retards, mais gardons-nous de faire croire que tout allait bien avant 2012 et que rien ne va plus depuis 2012. Nous ne sommes pas non plus blanc-bleu.

 

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur le site du journal Le Figaro (édition payante).