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Merci à vous tous qui m'avez soutenu

4 questions à Marc Séfil

Animateur du Comité AJ MARTINIQUE, Marc Séfil est proviseur-adjoint au lycée Joseph Zobel, professeur d’histoire-géographie et langues et cultures régionales ; Conseiller national Les Républicains Martinique , ancien Conseiller municipal de Fort-de-France.

 

Vous êtes le président du comité martiniquais de soutien à  la candidature d’Alain JUPPÉ aux primaires de la droite de novembre 2016. Quelles sont les raisons de votre engagement en faveur de ce candidat ?

Je me suis engagé en politique, dans les rangs de la droite, il y a 25 ans. Alain JUPPÉ fait donc partie des figures de ce courant politique dont la portée des réflexions et de l’action n’a pas manqué de me toucher et me convaincre très souvent.

Je dois avouer aussi que l’élan est véritablement né suite à l’émission « des paroles et des actes » diffusée début octobre 2014. Il s’est vraiment passé quelque chose ce jour-là. Toutefois, la raison décisive de cet engagement en faveur d’Alain JUPPÉ relève d’une réflexion plus profonde : c’est le seul candidat ayant répondu aux deux questions fondamentales que je me suis posées lorsque je concevais mon choix pour ces primaires.

La première fut de me demander quel candidat incarne le mieux les valeurs de la République car, issu d’une société post-coloniale et post-esclavagiste, la liberté, l’égalité et la fraternité prennent une dimension particulière à mes yeux. Aussi, ces valeurs pour lesquelles mes ancêtres et mes aînés se sont battus, souvent en sacrifiant leur vie, sont au cœur de la fonction de la président de notre  République.

De tous les candidats c’est sans conteste Alain JUPPÉ  qui détient l’envergure et le relief nécessaires pour porter les valeurs républicaines à des niveaux de conscience populaire comparables à ceux que de Gaulle, Pompidou ou Chirac, en leurs temps, les avaient fait atteindre. Sa grande expérience dans les plus hautes institutions et sphères de l’exercice du pouvoir d’une part et sa connaissance des principaux problèmes des Français d’autre part lui confèrent cette stature d’homme d’Etat qui fait défaut aux autres candidats même s’ils demeurent des acteurs politiques de valeur.

La deuxième question que je me suis posée était de me demander : quel candidat sera capable d’instaurer ce climat de confiance en France indispensable à l’acceptation des réformes qui nous permettront de répondre aux défis qui  nous attendent ?

En effet, nous aurons à relever des défis de taille pour laisser une Martinique, une France, un monde meilleurs aux générations futures : le chômage connaît des niveaux jamais égalés, notre économie est en récession, notre vivre-ensemble est régulièrement mis à mal par des violences provoquées par la montée d’intolérances, d’intégrismes ou autres obscurantismes et surtout notre voix peine de plus en plus á se faire entendre dans un monde chaque jour plus concurrentiel et un contexte de globalisation qui impose de nouvelles règles de gouvernance à tous les échelons. Dernière ombre au tableau mais non la moindre c’est la défiance qui existe aujourd’hui envers la classe politique et plus généralement tout ce qui incarne l’autorité. Plus que jamais, l’action présidentielle sera déterminante pour redonner confiance au peuple français, condition sine qua non pour permettre au pays de faire face á ces défis.

Là encore c’est Alain JUPPÉ  qui emporte mon choix. Sa méthode « Apaiser, Rassembler, Réformer » pour regarder le XXIe siècle en face et avec sérénité est assurément la meilleure.

 

Le récent déplacement d’Alain JUPPÉ  en Martinique vous a-t-il conforté dans ce choix, et quel écho a-t-il rencontré auprès des membres de votre comité de soutien ?

Plus que jamais ! J’ai accompagné Alain JUPPÉ à toutes les séquences de son déplacement qui l’ont amené à rencontrer une multitude de Martiniquais de tous horizons, toutes les catégories socio-professionnelles, de tous âges et dans toutes les parties de l’île. A chaque fois, j’ai vu un homme à l’écoute, disponible, ouvert et accessible.

Fidèle à sa démarche de co-construction de son programme, il a su relever un certain nombre de propositions lors de ses nombreux échanges avec les diverses personnes rencontrées sur les lieux de ses visites.

Aussi, il a eu des dialogues francs et libres avec toutes les personnalités qu’il a rencontrées. Cela va des plus de 150 chefs d’entreprises martiniquais venus échanger avec lui aux élus de tous bords, aux dirigeants de la toute nouvelle Collectivité Territoriale de Martinique ou à Monseigneur David Macaire, l’archevêque.

Auprès de la centaine de membres du comité de soutien, l’engouement et l’enthousiasme furent sans réserve d’autant que c’est sous le signe de la convivialité autour d’un cocktail dinatoire qu’Alain JUPPÉ a pu discuter et partager avec beaucoup d’entre eux. Tous soulignent la proximité et la chaleur des échanges qu’ils ont pu avoir avec leur candidat.

Au fond, le contact direct que j’ai eu avec Alain JUPPÉ à l’occasion de son déplacement à la Martinique confirme ce que je pressentais : c’est un véritable homme d’Etat, avec tout ce que cela suppose en termes de rayonnement, charisme et autorité. Bref, loin de ce que l’on a connu avec un président hyperactif et un président « normal ».

 

L’école et l’enseignement sont deux domaines que vous connaissez. Trouvez-vous dans le programme d’Alain JUPPÉ des orientations en phase avec vos constats et vos analyses ?

J’exerce mes activités professionnelles au sein du monde de l’éducation en tant que chef d’établissement adjoint depuis 6 ans après avoir enseigné, pendant plus de 15 ans, dans le secondaire. Mon expérience  à travers ces deux fonctions m’autorise un regard assez préoccupé sur les établissements scolaires, cellules de base de ce monde.

Les communautés éducatives qu’ils abritent sont confrontées à des difficultés de plus en plus âpres dont le sentiment de mal être des professeurs et des autres personnels n’est pas le moindre. Globalement, les missions qui leurs sont attribuées par la Nation ne se cantonnent plus strictement aux missions d’enseignement ou pédagogiques. L’orientation, l’insertion, la préparation à la vie professionnelle et l’éducation à la citoyenneté, tout cela en préservant l’égalité des chances, sont aujourd’hui au cœur de ces métiers. D’où une multiplication et une complexification de leurs tâches dans un contexte d’élévation des niveaux d’exigence émanant de la société.

Certes, dans le cadre d’une reconnaissance croissante de leur autonomie, les établissements bénéficient de marges de manœuvre relativement larges pour mettre en place les actions et recourir aux dispositifs pédagogiques et éducatifs qu’ils jugent nécessaires à la réussite de tous leurs élèves. Toutefois, ces marges n’ont pas encore suffisamment touché le domaine de la gestion des ressources humaines qui les conduiraient à s’inscrire dans une approche plus qualitative du management, seule réponse au malaise des personnels, notamment les enseignants, encore trop souvent cloisonnés dans leurs disciplines et enfermés dans la forme scolaire traditionnelle dominante du cours magistral.

Dans son livre, Mes chemins pour l’école, Alain Juppé qualifie la réforme de l’éducation de « mère des réformes ». Le ton est donné. Et c’est exactement celui qu’il faut car l’éducation est un thème majeur pour relever les défis qui se dressent devant notre pays. « C'est là que se construit la personnalité des futurs adultes. C'est à l'école que tout se joue » pour reprendre le mot d’Alain JUPPÉ. Je me situe complètement en phase avec ce discours.

Parmi les cinq axes qu’il propose, deux me paraissent essentiels eu égard au constat que j’ai dressé plus haut : la revalorisation du statut d’enseignant et l’octroi de nouvelles responsabilités aux équipes pédagogiques. Les mesures proposées au sein de ces axes comme l’augmentation des salaires de 10 %, l’amélioration de la formation initiale et continue des enseignants ou donner la possibilité aux collèges et aux lycées qui le souhaitent de gérer la totalité de leur dotation horaire globale, vont dans le bon sens. Elles devront, à mon sens, être complétées par d'autres accroissant les moyens institutionnels et légaux, notamment par les textes officiels, en matière d’interdisciplinarité, de construction des apprentissages (singulièrement des langues) et de gestion de la difficulté scolaire.

 

Pour la Martinique et pour la zone Antilles et Guyane, quel programme d’actions à court terme et quelles priorités soutiendrez-vous auprès d’Alain JUPPÉ ?

La campagne des primaires en 2016, puis de l’élection présidentielle en 2017, donne l’occasion d’établir un socle idéologique nouveau, plus apte à intéresser l’électeur martiniquais. Toutefois, le groupe de travail qui s’est constitué au sein du Comité AJ de Martinique (animé par Maurice LAOUCHEZ et Gabriel LAGRANDCOURT) pour faire des propositions à Alain JUPPÉ en vue de son programme a pris le parti de soumettre des solutions de portée nationale comme des choix de portée  martiniquaise. Ces solutions et ces choix concernent les cinq domaines qui façonnent toute société, et qui doivent nous permettre de construire une Martinique avec tous et pour tous : la gouvernance ; la culture, l’éducation, la formation ; l’économie et l’emploi ; la cohésion sociale ; l’environnement.

Parmi les priorités, il est impératif qu’après l’important développement social qu’a connu la Martinique depuis la départementalisation de 1946, les efforts se focalisent sur le développement économique. Un développement économique adapté à sa réalité et au monde contemporain bien entendu, mais surtout pourvoyeur d’emplois. Cette politique de l’emploi que nous proposons à Alain JUPPÉ d’inscrire comme priorité dans son programme devrait s’appuyer sur l’investissement et l’exportation plus que sur la consommation.

D’autre part, dans la perspective de mieux construire les personnes, l’éducation, et la formation devrait aussi faire l’objet de politiques prioritaires et spécifiques qui, entre autres, favoriseraient le contact précoce des enfants avec le monde du travail, y compris du travail manuel ; permettraient de détecter, dès la crèche, les talents afin de mieux les accompagner et les handicaps afin de mieux les prendre en compte ; institueraient, dès le CP, une heure par jour d’apprentissage des langues étrangères et conférerait une place accrue aux techniques modernes de communication et au numérique.

Ces priorités sont le prix d’une cohésion sociale renforcée car renouvelée.