Menu
Merci à vous tous qui m'avez soutenu

3 questions à Xavier Bonnefont

Depuis 2014, Xavier Bonnefont est Maire d’Angoulême et, depuis 2015, conseiller régional de la région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes. A 36 ans, il fait partie d’une nouvelle génération d’élus et figure au rang des 500 plus jeunes maires de France. C’est un homme de contact, qui n'hésite pas à éprouver ses convictions dans la relation aux autres, et qui souhaite insuffler le changement en incarnant la rénovation du dialogue démocratique. Il nous explique en trois points pourquoi il soutient Alain JUPPE. 

 

Vous incarnez ce qu’on appelle aujourd’hui la nouvelle génération d’élus en politique. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Je suis réellement né en politique en 2002, convaincu de la nécessité de s’engager contre la montée du Front National. Certes, j’étais jeune, mais c’est avant tout un respect viscéral des valeurs démocratiques et républicaines qui a guidé cet engagement. Pour moi, faire de la politique, ce doit être, au-delà de l’aspect générationnel, basé sur une conviction profonde et sincère.

C’est une façon d’être intellectuellement honnête et cohérent dans ses choix; une volonté inaliénable de peser dans le débat public, quelles qu’en soient les conséquences pour soi. C’est se promettre de ne trahir ni les électeurs, ni soi-même et travailler avec les autres dans la plus grande transparence. N’oublions pas que depuis 2002, le paysage politique a évolué. Les chiffres de l’abstention et du vote extrémiste nous guettent à chaque scrutin. Ceux qui s’engagent en politique ont plus que jamais une responsabilité et c’est à chaque élu qu’il appartient d’incarner ce renouveau démocratique, quelle que soit sa génération.

Si l’appellation « nouvelle génération » a un sens, c’est plutôt du côté de la méthode. Je suis le produit d'un apprentissage « de terrain » de la vie publique. Son sens, ses valeurs, ses enjeux, le contact ininterrompu avec les citoyens, la nécessaire proximité, je l'ai appris en dialoguant avec les usagers. Mais aussi, bien-sûr, en collaborant avec des personnalités publiques majeures.

J’ai en effet eu la chance de grandir politiquement auprès d’Élisabeth Morin-Chartier, aujourd’hui Questeur du Parlement européen ou de Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre de Jacques Chirac. Ce sont des personnalités dont la compétence n’est plus à démontrer. C’est pourquoi aujourd’hui je choisis Alain Juppé : son expérience politique est diverse, multiple. Elle est riche. Aujourd’hui, Il incarne la force dont les Français ont besoin et une véritable ambition pour la France.

 

La culture est dit-on chevillée à Angoulême. Dans un contexte local fortement impacté par la baisse des dotations, comment accompagnez-vous la culture ?

Angoulême a fondé son identité sur la culture, comme une sorte de patrimoine génétique. C’est pourquoi, plus qu’ailleurs, nous sommes contraints de l’accompagner sous ses deux angles inséparables.

Le premier, fondamental, est commun à tous les acteurs de la culture : il s’agit de favoriser le partage de la connaissance, celle de soi, celle des autres; il s’agit d’accompagner la création et sa transmission.

Mais à Angoulême, la culture est aussi un puissant levier de développement qui a évolué au cours des siècles. Ce qui constitue aujourd’hui le monde de l’Image est historiquement issu de l’industrie papetière du XIXème siècle. Ce patrimoine a naturellement permis l’ancrage de la bande dessinée, autour d’un festival désormais international. Là où d’autres villes ont échoué, Angoulême a réussi car l’Image constitue, tout simplement, son ADN. C’est aujourd’hui un véritable secteur économique qui s’est construit, au fil des ans, autour de l’Image et du numérique, avec notamment le pôle Magelis qui regroupe 80 structures et constitue le second pôle d’images animées en France. Auprès des entreprises du secteur, il constitue un écosystème unique en son genre, en capacité de produire des films comme « la tortue rouge », primé à Cannes cette année dans la catégorie Un certain regard. Ce film d’animation a été concocté dans le studio angoumoisin Prima Linea, qui en a assuré la production exécutive, alors qu’une autre société angoumoisine, Piste Rouge, a assuré le son du film.

C’est pour cela qu’à Angoulême, nous devons ajuster notre vision de la culture : il nous faut aussi considérer la culture comme un gisement qui crée de la richesse, du développement, de l’emploi. Nous devons bien-sûr soutenir, défendre un service public de la culture dynamique, équilibré et pertinent, un service qui accompagne des acteurs volontaires mais aussi reconnaitre l’existence d’une économie de la culture, et permettre que ce lien, entre économie, culture et création, soit un levier de développement territorial.

 

Vous êtes Maire d’une commune moyenne située dans la proximité de la métropole bordelaise, elle-même capitale de la plus grande région de France. Envisagez-vous cette proximité comme un risque ou comme une opportunité ?

Je l’envisage bien-sûr comme un levier unique. Avec Alain Juppé, nous avons engagé dès 2014 un travail de prospective territoriale, assez inédit en France, qui nous a permis d’amorcer un vrai dialogue, sur des thématiques touchant au développement de nos bassins économiques « voisins ». En réunissant des acteurs provenant du monde économique et culturel, des chambres consulaires, des syndicalistes, des professionnels de la santé, des universitaires, nous avons clairement pris un temps d’avance sur le « futur souhaitable » de nos deux territoires. Ainsi, nous avons mis en évidence l’interconnexion de nos deux aires urbaines qui se renforcera, demain, avec la mise en service de la LGV Paris-Bordeaux.

Grâce à ce travail, nous disposons de l’armature d’un plan de développement territorial pour les 10 ans à venir, dessinant l’émergence d’une véritable vision territoriale partagée, à partir du repérage « de nos pépites » : d’un côté, la dynamique festivalière d’Angoulême, le pôle Image, et, d’un autre, les nombreux pôles d’excellence de Bordeaux... Nous saurons tirer le meilleur parti de cette capitale régionale mondialement connue qui constitue à la fois une fenêtre et une porte d’entrée sur la région entière.

Il est temps de travailler plus étroitement avec nos voisins, pour plus de cohésion et plus de cohérence. En ce sens, les idées d’Alain Juppé sur la décentralisation à la carte, favorisant un système à la fois plus souple et plus stable, permettent d’envisager des territoires tournés vers leurs complémentarités plutôt qu’engagés dans une concurrence pour leur survie respective.

Selon le proverbe africain, « Tout seul on va vite, ensemble on va plus loin ». C’est ce que réalise Alain Juppé en conduisant aujourd’hui cette politique de voisinage avec Angoulême et c’est ce qu’il réalisera, demain, en garantissant l’équilibre des territoires, facteur de développement harmonieux pour la France.