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3 questions à Maël De Calan

Maël De Calan 

Vous venez d'écrire un livre sur le programme du FN, qu’est-ce qui vous a le plus surpris ?

Le plus surprenant, ce sont les contradictions qui parcourent tout le programme du FN. A force de promettre à chacun ce qu’il veut entendre, on aboutit à un degré d’incohérence invraisemblable. Quelques exemples en pagaille : le FN donne des leçons de lutte contre le terrorisme mais vote contre la loi sur le renseignement en 2015. Il dit qu’il veut baisser le coût du travail, mais promet en même temps une augmentation de 200 euros par mois des salaires de dix millions de Français. Il dit qu’il veut aider les entreprises tout en maintenant les 35 heures, il veut défendre le pouvoir d’achat des consommateurs tout en proposant une dévaluation de 25% qui augmenterait le prix des produits importés... Le pompon, c’est quand il promet aux agriculteurs page 56 de son programme que le prix des produits agricoles va augmenter, mais promet 23 pages plus loin (page 79) rigoureusement l’inverse aux consommateurs... Le cynisme n’a plus de limite.

 

Quels vous semblent être les meilleurs angles d’attaque contre le FN ?

J’en vois deux.

Le premier, c’est de dire avec force que le FN est un parti laxiste. A chaque fois qu’un choix difficile s’est présenté aux Français, le FN a fait le choix du laxisme. Il s’est opposé à toutes les réformes des retraites (1993, 1995, 2003, 2010), il s’est opposé à la réforme de la Sécurité sociale (1995), à la RGPP (2007-2012)... Il promet dans son programme le retour de la retraite à 60 ans, l’augmentation de la rémunération des fonctionnaires, la revalorisation de presque toutes les prestations sociales …

Le deuxième angle d’attaque c’est de dénoncer le chaos dans lequel le programme du FN plongerait le pays. Les mots ont un sens, les décisions produisent des effets : la combinaison de la sortie de l’euro et de l’Union européenne, d’une dévaluation de 25%, du financement des déficits par la planche à billet, du retour à l’administration des prix, de la nationalisation de pans entiers de l’économie, de la guerre commerciale et de l’augmentation des impôts sur les entreprises, c’est la ruine des consommateurs, la ruine des épargnants et la ruine de l’Etat.

 

Vous êtes un des proches conseillers d'Alain Juppé, comment notre candidat peut-il répondre aux inquiétudes des électeurs du FN sans céder sur le sérieux de ses propositions ? 

Les Français votent FN parce qu’ils sont en colère, face à la situation du pays et face au comportement des élites. Or, on ne pourra redresser le pays et redonner confiance dans la classe politique qu’en faisant de la politique sérieusement. En mettant plus de mesure dans nos paroles, d’intelligence dans nos programmes et d’éthique dans nos comportements. C’est exactement ce qu’incarne Alain Juppé : un homme d’Etat pour qui la politique est une chose sérieuse, déterminé à redresser le pays.