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3 questions à Dominique Bussereau

3 questions à Dominique Bussereau, ancien Ministre de l’Agriculture, Député et Président du Département de la Charente-Maritime

Les charges - sociales, fiscales, réglementaires et environnementales - constituent aujourd'hui autant de contraintes pour nos agriculteurs. Comment desserrer cet étau ?

Dans le domaine agricole, comme dans tous les secteurs de notre économie, le trop-plein de charges sociales, fiscales et réglementaires, réduit la compétitivité et freine l’esprit d’entreprise.
Réduire les cotisations sociales, pour aboutir à « zéro charges » au niveau du SMIC sera bénéfique pour notre économie et pour notre agriculture. De même, permettre aux agriculteurs de calculer leur impôt sur une période de trois à cinq ans leur permettra d’être moins lourdement atteints par les aléas affectant leurs niveaux de revenus d’une année sur l’autre.
Notre agriculture est étouffée par tous les textes qui l’encadrent : il faut que l’Etat mais aussi les structures issues du monde agricole cessent de produire des règles qui viennent renforcer des mesures européennes déjà trop contraignantes.
Par ailleurs, nos agriculteurs sont las des démarches administratives lourdes, complexes et nombreuses qu’il leur faut faire, et le futur Gouvernement devra procéder à une simplification, cohérente et massive de ces démarches.

 

Si la PAC actuelle ne donne plus satisfaction, on perçoit bien qu’il faut davantage la réinventer qu’y renoncer. Quels devront être les contours de cette « nouvelle PAC » ? Avec quel agenda ?

Si la PAC, parfois décriée, voit aujourd’hui sa légitimité contestée, il est essentiel de rappeler qu’elle est l’un des socles de la construction européenne et de reconnaître la part importante que l’UE alloue à l’agriculture, et notamment à l’agriculture française.
Mais il est clair que la PAC n’a pas su s’adapter à l’évolution des marchés agricoles et n’a pas su répondre aux variations des cours de certains produits, ce qui a entrainé des crises majeures.
Il faut donc rénover la PAC autour de deux axes : mettre en place une réglementation qui puisse prévenir la volatilité des cours et développer un mécanisme qui assure à l’agriculteur un revenu minimum en cas de crise liée aux aléas climatiques ou à l’évolution des prix.
La France, grand pays agricole, a un rôle majeur à jouer dans la réinvention nécessaire de la PAC : elle doit conduire le projet, bâtir une majorité à Bruxelles et convaincre ses partenaires du caractère indispensable de cette réinvention.

 

On assiste aujourd’hui à une véritable « crise de confiance » entre les agriculteurs et les autorités nationales et européennes. Comment reconstruire cette confiance ? Comment répondre à l’urgence ?

La crise actuelle est nourrie par le fardeau des charges, par les diverses crises qui ont affecté certains secteurs. Ces deux difficultés combinées ont freiné le dynamisme de notre agriculture.
Le constat lucide que nous pouvons porter sur les deux sujets déjà mentionnés (la PAC et les charges sociales) est un premier pas vers la résolution de cette crise de confiance.
Les agriculteurs méritent que ces problèmes soient réglés avec efficacité, afin qu’ils puissent à nouveau se concentrer sur l’essentiel : investir, innover et vivre de leur métier.